Le nombre de personnes vivant dans une pauvreté multidimensionnelle aiguë a augmenté pour la première fois depuis la création de l’indice mondial en 2010, pour atteindre 1,2 milliard en 2026, selon la mise à jour publiée lundi 12 octobre par le Programme des Nations unies pour le développement et l’Université d’Oxford.
L’Afrique subsaharienne concentre 616 millions de personnes dans cette situation, soit 51,4 % de la population couverte dans la région. À l’échelle mondiale, l’effectif a progressé de 51,5 millions par rapport à la précédente mise à jour sur une base comparable.
Les enfants représentent 617 millions des personnes recensées, soit un peu plus de la moitié du total. Le rapport situe aussi 83 % des personnes pauvres en milieu rural, où l’accès à l’eau, à l’électricité, aux services de santé et à l’école demeure souvent plus limité.
L’indice ne mesure pas seulement le revenu. Une personne est considérée comme pauvre lorsque son ménage cumule des privations correspondant à au moins un tiers de dix indicateurs pondérés liés à la santé, à l’éducation et aux conditions de vie. La base 2026 couvre 108 pays et 6,3 milliards d’habitants, soit 78 % de la population mondiale.
La hausse doit être interprétée avec prudence. Pour 95 pays dépourvus de nouvelle enquête cette année, l’actualisation des estimations démographiques a ajouté 15,8 millions de personnes au total. Le reste du mouvement combine des changements de taux de pauvreté, des évolutions de population et des différences de couverture entre les enquêtes.
Parmi les treize pays disposant de nouvelles estimations en 2026, cinq ont réduit de manière significative la part de leur population concernée. En Angola et en Zambie, le taux a baissé mais le nombre de personnes pauvres a augmenté, la croissance démographique ayant dépassé le rythme de réduction. Au Nigeria, les progrès observés dans les années 2010 se sont inversés pendant les années 2020, avec une hausse du taux comme du nombre de personnes touchées.
Le rapport recense aussi 33 pays ayant réduit de moitié la valeur de leur indice en moins de quinze ans, dont six en Afrique subsaharienne. En Eswatini, la proportion de personnes en pauvreté multidimensionnelle est passée de 38,7 % à 8,0 % sur quinze ans, selon les séries comparables retenues par les auteurs.