Les recettes ordinaires du Kenya ont atteint 655,8 milliards de shillings au cours des trois mois terminés en septembre 2026, soit une hausse de 14,4 % sur un an, mais elles sont restées inférieures de 58,2 milliards à l’objectif du Trésor national. L’écart ouvre l’exercice budgétaire 2026-2027 sous une pression accrue sur le financement des dépenses publiques.

La progression est nette par rapport aux 573,5 milliards de shillings collectés durant la même période de 2025, lorsque les recettes ordinaires avaient reculé de 2,9 %. Elle ne suffit toutefois pas à combler la cible de 714 milliards de shillings qui ressort des données du Trésor.

Les recettes totales, après prise en compte des ressources propres des ministères et organismes publics, sont restées sous l’objectif de 40,4 milliards de shillings. Ces ressources, appelées appropriations in aid, ont dépassé leur cible de 17,8 milliards et ont donc compensé une partie du manque à gagner sur les recettes ordinaires.

L’impôt sur le revenu a produit le principal écart, avec 297,9 milliards de shillings encaissés contre 323,3 milliards attendus, soit un déficit de 25,4 milliards. Les droits d’accise ont manqué leur cible de 16,3 milliards. Parmi les grandes catégories fiscales, les droits à l’importation ont été les seuls à dépasser l’objectif.

Pour le seul mois de septembre, les recettes fiscales se sont élevées à 258,31 milliards de shillings, en hausse de 14,85 % sur un an. Sur la même période mensuelle, le service de la dette a atteint 109,66 milliards, tandis que l’État a mobilisé 101,72 milliards sur le marché intérieur et 54,05 milliards en prêts et dons extérieurs.

La pression ne vient pas seulement des recettes. Les dépenses ont dépassé leur trajectoire de 116,9 milliards de shillings au premier trimestre, dont 59,3 milliards sur le fonctionnement et 34,7 milliards sur le développement. Le déficit budgétaire, dons compris, a atteint 329,1 milliards de shillings, soit 1,6 % du produit intérieur brut, contre une cible de 174,8 milliards et 0,8 % du PIB.

Le gouvernement vise environ 2 860 milliards de shillings de recettes fiscales sur l’ensemble de l’exercice. Le Trésor prévoit parallèlement de ramener le déficit annuel à 5,5 % du PIB, après 6,8 % en 2025-2026, un objectif qui dépendra de la réduction de l’écart de collecte ou d’un ajustement des dépenses et du financement.