Quatre partis marocains ont conclu lundi 12 octobre un accord de coalition réunissant 207 sièges sur 395, au-dessus des 198 nécessaires à la majorité absolue, ouvrant la voie à la formation du gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri.

L’alliance rassemble le Parti authenticité et modernité, arrivé en tête des élections du 23 septembre, l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires et le Parti du progrès et du socialisme. Le roi Mohammed VI avait chargé Fatima Ezzahra El Mansouri de composer l’exécutif le 29 septembre, une première pour une femme au Maroc.

L’accord ne vaut pas encore nomination du cabinet. Les partenaires doivent proposer les titulaires des portefeuilles et finaliser leur programme gouvernemental. Ils ont promis de renforcer les capacités productives, la justice sociale et l’équité territoriale, sans détailler à ce stade les arbitrages budgétaires.

Le prochain exécutif supervisera les dernières années du programme d’infrastructures engagé avant la Coupe du monde 2030, organisée avec l’Espagne et le Portugal. Le FMI chiffre à 190,3 milliards de dirhams, soit environ 20 milliards de dollars, les investissements de connectivité et de tourisme prévus entre 2024 et 2030.

Le rail représente l’essentiel de cette enveloppe avec des extensions de la grande vitesse et des réseaux express régionaux, tandis que les aéroports doivent être agrandis à Casablanca et dans cinq autres villes. Ces chantiers soutiennent l’activité de la construction et du transport, mais augmentent aussi les besoins de financement et les exigences de livraison dans les délais.

La coalition arrive au pouvoir sous la pression de demandes sociales portant sur l’emploi, l’éducation et la santé. La composition du cabinet et le programme attendu permettront de mesurer la part des ressources réservée aux services publics face aux engagements d’infrastructure déjà lancés.