Le Cameroun a demandé vendredi 9 octobre à Bruxelles la levée de sa suspension de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, lors d’une rencontre entre le ministre des Mines par intérim Fuh Calistus Gentry et la présidente du conseil d’administration de l’organisation, Maria van der Hoeven. Aucune décision de réintégration n’avait été annoncée à l’issue de l’entretien.

Le ministre a présenté les mesures que Yaoundé affirme avoir engagées pour répondre aux insuffisances relevées dans la participation de la société civile au suivi des revenus pétroliers, gaziers et miniers. La démarche est intervenue en marge de la dixième conférence mondiale de l’ITIE, organisée les 8 et 9 octobre dans la capitale belge.

Le Cameroun est suspendu depuis mars 2024 après avoir obtenu un score global de 53 points lors de son évaluation au titre de la norme 2019. Le conseil de l’ITIE avait jugé seulement partiellement satisfaite l’exigence relative à la participation pleine et active de la société civile, en citant notamment les contraintes pesant sur la liberté d’expression et d’association.

La décision de 2024 reconnaissait parallèlement des progrès dans la publication d’informations par la Société nationale des hydrocarbures et par certaines entreprises privées. Elle relevait cependant des lacunes dans le suivi des recommandations, l’accès aux données, la gouvernance du groupe multipartite et la publication de plusieurs flux financiers.

Le prochain cycle de validation est prévu à partir du 1er avril 2027. Le Cameroun peut demander une évaluation anticipée, mais la levée de la suspension suppose une décision du conseil de l’ITIE après examen des actions correctives. La rencontre de Bruxelles constitue donc une demande politique et technique, non une réintégration déjà acquise.

Le statut du pays influe surtout sur la crédibilité de ses mécanismes de divulgation des paiements, contrats et revenus extractifs. Il ne suspend pas l’exploitation minière ou pétrolière, mais maintient un signal de gouvernance suivi par les investisseurs, les bailleurs et les organisations de la société civile.