La Société camerounaise d’électricité a chiffré à 107 milliards de FCFA son plan d’urgence pour 2026 et 2027, présenté jeudi 8 octobre à Douala lors de l’évaluation de ses cent premiers jours sous sa nouvelle direction.
L’entreprise publique veut consacrer ce programme au rééquilibrage financier, au renforcement de la production et de la distribution ainsi qu’à l’amélioration du service. Le ministère de l’Eau et de l’Énergie et le régulateur ARSEL ont participé à la réunion, sans publier de calendrier détaillé de décaissement du plan.
SOCADEL a confié à General Bank of Cameroon un mandat visant à mobiliser 60 milliards de FCFA pour des investissements prioritaires. Un second mandat, accordé à cette banque avec Afriland First Bank et BGFI Bank, porte sur une facilité cible de 200 milliards de FCFA, dont 50 milliards de crédit renouvelable et 150 milliards de crédit à moyen terme.
Ces mandats n’équivalent pas à des fonds déjà disponibles. La société précise que les financements restent soumis aux autorisations de crédit, à la finalisation des contrats et aux conditions habituelles des banques. Elle affirme avoir parallèlement économisé 3 milliards de FCFA sur ses coûts de fonctionnement et 3,5 milliards sur l’assistance technique et les consultants.
Le déséquilibre financier demeure important. Selon SOCADEL, le coût moyen du service atteint 118,24 FCFA par kilowattheure, contre un prix moyen facturé de 85,42 FCFA. L’entreprise attribue cet écart au gel des tarifs de basse tension depuis 2012 et au versement irrégulier de la compensation supportée par le budget de l’État.
Sur le réseau, SOCADEL indique que le nombre mensuel de nouveaux branchements est passé de 9 632 en avril à 11 019 en juillet. À fin septembre, elle comptait 2,43 millions de foyers et commerces raccordés, dont 44,85 % équipés d’un compteur prépayé.
La société affirme aussi que les alertes pour absence de courant reçues sur ses canaux numériques ont diminué de 70 % en août par rapport à avril. Elle reconnaît néanmoins des zones toujours vulnérables, notamment dans l’Est, à Bonabéri nord, à Dibombari et dans certains secteurs de Douala.