Le National Infrastructure Fund du Kenya a commencé à utiliser sa dotation initiale de 340 milliards de shillings, soit environ 2,62 milliards de dollars au taux indiqué le 7 octobre, en achetant des obligations publiques sur le marché intérieur. Son directeur général James Mworia a présenté pour la première fois le mécanisme de déploiement du fonds dans un entretien accordé à Reuters.

Les achats ont débuté en juillet, mais leur montant cumulé n’a pas été rendu public. Le fonds prévoit d’investir la totalité de sa dotation d’ici à la fin de l’exercice budgétaire en juin 2027.

Le dispositif doit temporairement placer les ressources dans des titres d’État avant leur affectation à des projets commerciaux dans l’énergie, les transports, la logistique, les télécommunications, l’eau et l’agriculture. Cette stratégie doit procurer des revenus au fonds pendant la constitution de son portefeuille de projets.

James Mworia attend environ 42 milliards de shillings de rendement annuel du portefeuille obligataire. Cette estimation représente un objectif du gestionnaire et non un résultat observé, puisque le fonds n’a pas publié la valeur des titres déjà acquis ni leur rendement moyen.

Le gouvernement a doté le véhicule avec le produit de la privatisation de Kenya Pipeline Company et de la vente d’une partie de ses actions dans Safaricom. À terme, le fonds veut mobiliser 3 600 milliards de shillings sur dix ans au moyen de co-investissements et de dette.

Les 340 milliards de shillings correspondent à environ un tiers de l’objectif d’emprunt intérieur du Kenya pour l’exercice clos en juin 2027, selon James Mworia. En rachetant des obligations détenues notamment par les banques, le fonds espère libérer des liquidités susceptibles d’être prêtées aux entreprises et aux ménages.

Cet effet dépendra des décisions des banques et ne constitue pas une obligation de crédit au secteur privé. Les établissements peuvent conserver leurs liquidités ou les replacer dans d’autres titres publics, tandis que le fonds reste lui-même exposé au risque souverain pendant la phase obligataire.

Le fonds examine notamment une prise de participation dans la raffinerie que le groupe Dangote développe dans le comté côtier de Lamu. Aucun montant n’a été communiqué. La loi créant le National Infrastructure Fund a été promulguée en mars afin d’attirer des capitaux privés vers les infrastructures tout en limitant le recours direct au budget et à la dette publique.