Entre 30 et 50 % des carburants importés en Libye de janvier à septembre 2026 auraient été détournés vers la contrebande, a indiqué mercredi 14 octobre Hanna Tetteh, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour la Libye, devant le Conseil de sécurité.
Sur ces neuf mois, le pays a importé 8,15 millions de tonnes de carburants pour 8,9 milliards de dollars. La valeur des volumes détournés se situe entre 2,4 et 4,4 milliards de dollars, selon l’estimation présentée par Hanna Tetteh.
La hausse des cours mondiaux des carburants depuis le milieu de l’année, notamment du diesel, renforce selon elle l’incitation à revendre à l’étranger des produits subventionnés en Libye. L’État supporte le coût de ces approvisionnements, alors qu’une partie des volumes échappe à la consommation intérieure.
L’envoyée onusienne relie ces pratiques aux pénuries qui touchent les ménages et des services essentiels, particulièrement dans le sud du pays. Les détournements réduisent aussi, selon elle, la capacité des autorités à payer les salaires publics, entretenir les infrastructures et assurer les services de base.
La mission avait déjà alerté le 26 septembre sur les effets des interruptions de l’oléoduc Sharara-Zaouïa, qui menaçaient l’approvisionnement en carburants et la production d’électricité. Dans son bilan présenté mercredi, Hanna Tetteh chiffre à environ un million de barils la production perdue lors des blocages de deux oléoducs en septembre, soit une valeur proche de 100 millions de dollars.