Viettel Global maintient dans ses comptes semestriels des provisions couvrant presque entièrement environ 9,05 billions de dongs de créances et de prêts sur Viettel Cameroon, l’opérateur de la marque Nexttel, soit près de 202 milliards de FCFA au taux de conversion retenu fin septembre.
L’exposition comprend 4,675 billions de dongs de créances commerciales, équivalant à environ 104 milliards de FCFA, provisionnées à 99,9 %. Elle inclut aussi 4,375 billions de dongs de prêts, soit près de 98 milliards de FCFA, intégralement provisionnés.
Cette écriture comptable traduit une forte incertitude sur le recouvrement, mais elle n’efface pas les sommes dues par la filiale camerounaise. La majeure partie des provisions existait déjà à la fin de 2025, de sorte que les 202 milliards de FCFA ne constituent pas une perte nouvelle enregistrée au premier semestre 2026.
Le groupe vietnamien, qui détient 70 % de Viettel Cameroon, indique ne plus disposer des informations financières nécessaires pour consolider la filiale depuis le 1er novembre 2018. Il a également provisionné la totalité de la valeur comptable de sa participation dans Nexttel et cessé de comptabiliser certains intérêts et pénalités liés aux impayés.
Les comptes mentionnent séparément des garanties portant sur environ 9,32 milliards de FCFA de prêts accordés par la BICEC, Société Générale Cameroun et Ecobank. Viettel Global comptabilise aussi une obligation d’environ 321 milliards de dongs, proche de 7,2 milliards de FCFA, liée à ces garanties, mais les deux montants peuvent se recouper et ne doivent pas être additionnés automatiquement.
Le différend entre Viettel Global et son partenaire camerounais Baba Ahmadou Danpullo dure depuis plusieurs années. Les provisions n’indiquent ni une vente de la participation vietnamienne ni une cessation annoncée des activités de Nexttel, mais elles réduisent presque à zéro la valeur nette des créances concernées dans les comptes du groupe.
Les équivalents en FCFA publiés reposent sur un taux de change de fin septembre, alors que les comptes s’arrêtent au 30 juin 2026. Ils servent à donner un ordre de grandeur et ne correspondent pas nécessairement aux montants qui seraient recouvrés ou réglés à une autre date.