L’inflation dans la CEMAC a atteint 2,3 % sur un an en juin 2026, contre 1 % en mars, sous l’effet de l’alimentation, de l’énergie et des transports, selon une note publiée mardi 13 octobre par la Banque des États de l’Afrique centrale.

En moyenne annuelle, l’inflation est restée à 1,4 % en juin, comme trois mois plus tôt, contre 3,5 % en juin 2025. Cet indicateur, distinct de la variation des prix sur un an, demeure sous la norme communautaire de 3 %.

Les produits alimentaires et les boissons non alcoolisées ont apporté 1,4 point à la hausse sur un an, contre 0,9 point un an auparavant. Le logement, l’eau, l’électricité, le gaz et les autres combustibles ont ajouté 0,3 point, tandis que les transports ont contribué pour 0,2 point.

La BEAC relie cette remontée au renchérissement de l’énergie depuis mars, à la progression des prix alimentaires mondiaux et aux premiers effets du conflit au Moyen-Orient. L’appréciation du naira nigérian a aussi renchéri certains carburants et équipements importés par le Cameroun et le Tchad, tandis que celle du franc congolais a pesé sur les achats de produits vivriers et de pêche de la République du Congo en provenance de la RDC.

Les facteurs internes restent déterminants. La consommation privée a été soutenue par les revenus de l’or au Tchad et en Centrafrique, ainsi que par ceux du cacao au Cameroun. Les bonnes campagnes agricoles camerounaise et tchadienne et le maintien partiel de mesures contre la vie chère ont toutefois amélioré l’offre de produits vivriers et limité la hausse des prix.

Le Cameroun, qui représente 52,3 % de l’indice régional des prix, est le principal contributeur à la hausse dans la sous-région. Il est suivi du Congo, de la Guinée équatoriale, de la Centrafrique et du Gabon. Le Tchad a au contraire freiné l’indice régional grâce à des prix encore en recul sur un an.

L’inflation d’origine locale, qui porte sur 70,3 % du panier, a accéléré à 2,5 % sur un an, contre 1,8 % en juin 2025. L’inflation importée a progressé de 0,8 % à 1,7 % sur la même période, ce qui traduit le début de transmission du choc énergétique extérieur aux prix payés dans la région.

Dans son scénario central, la BEAC prévoit une inflation moyenne de 2 % en 2026, de 2,2 % en 2027 et de 2,9 % en 2028. Elle situe le principal risque entre la fin de 2026 et le premier semestre 2027, lorsque la hausse des carburants et du fret pourrait se transmettre aux biens importés, puis celle des engrais aux récoltes et aux prix alimentaires.