La directrice générale du FMI Kristalina Georgieva a estimé lundi 12 octobre à Bangkok que l’investissement dans l’intelligence artificielle maintenait la croissance mondiale autour de 3 %, tout en pouvant transformer, dégrader ou supprimer jusqu’à 40 % des emplois à terme.
Devant les participants aux réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale, elle a décrit un choc d’investissement qui soutient la demande malgré le renchérissement de l’énergie. Selon ses estimations, l’effet pourrait ajouter entre un demi-point et un point de croissance dans les économies avancées d’Asie, et entre 0,2 et 0,8 point dans les économies émergentes de la région.
Le chiffre de 3 % correspond à la prévision mondiale publiée par le FMI en juillet pour 2026. Les déclarations de lundi ne constituent donc pas une nouvelle projection formelle. L’institution doit publier mardi une actualisation de ses perspectives économiques mondiales.
Le risque social est considérable. Les travaux cités par Kristalina Georgieva évaluent à environ 40 % la part des emplois mondiaux susceptibles d’être augmentés, déclassés ou supprimés par l’IA, proportion pouvant atteindre 60 % dans les économies avancées. Les postes d’entrée de carrière et les tâches répétitives figurent parmi les plus exposés, alors que la transition vers une production plus intensive en capital pose aussi la question de l’assiette fiscale.
Pour l’Afrique subsaharienne, la Banque mondiale distingue toutefois une trajectoire différente. Son rapport économique publié le 6 octobre estime que l’effet à court terme devrait davantage compléter les travailleurs que les remplacer et met l’accent sur des outils abordables pour l’agriculture, la santé, l’éducation, la finance et l’administration.
Cette possibilité reste conditionnée par des investissements dans l’électricité, la connectivité, les compétences, les données et les capacités de calcul. La Banque mondiale souligne que l’adoption africaine demeure concentrée dans quelques économies, notamment le Kenya, le Nigeria et l’Afrique du Sud, ce qui risque d’élargir les écarts si les infrastructures et la formation n’avancent pas au même rythme.