Le Groupe de la Banque mondiale a chiffré dimanche 11 octobre à 5,79 milliards de dollars le volume maximal de financements privés que ses projets, prêts et garanties pourraient aider à mobiliser au Nigeria pendant son exercice 2026, au bénéfice des PME, du numérique, de l’agriculture et de l’industrie.

Ce montant ne correspond pas à un décaissement unique ni à une enveloppe intégralement acquise. Il additionne des capitaux privés attendus ou déjà associés à plusieurs opérations aux calendriers distincts, avec le soutien de la Banque mondiale, de la Société financière internationale et de l’Agence multilatérale de garantie des investissements.

Le principal volet destiné aux petites entreprises est le programme FINCLUDE. Adossé à un financement public de 500 millions de dollars de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement et de l’Association internationale de développement, il doit mobiliser près de 1,89 milliard de dollars de capitaux privés pour plus de 250 000 micro, petites et moyennes entreprises.

La Banque mondiale estime que ce dispositif pourrait soutenir 850 000 emplois directs et indirects. Les entreprises détenues par des femmes doivent recevoir 30 % des financements, une cible qui devra encore être mesurée à partir des prêts effectivement accordés.

Dans les infrastructures numériques, le projet BRIDGE prévoit une première sélection d’investisseurs susceptible d’apporter au moins 156 millions de dollars de fonds propres. Les étapes suivantes pourraient porter l’investissement privé à 1,1 milliard de dollars d’ici à 2030 pour un réseau national de fibre optique en accès ouvert.

Le projet vise 58 millions de personnes supplémentaires, ce qui ferait passer la population couverte par un haut débit abordable de 92 millions en 2025 à 150 millions en 2030. Il prévoit aussi de relier 38 800 écoles publiques, 16 900 établissements de santé et 3 400 administrations locales, sous réserve de la sélection des investisseurs et de l’exécution du partenariat public-privé.

Dans l’agriculture, le programme AGROW cible un million de petits exploitants et cherche à attirer environ 220 millions de dollars d’entreprises agroalimentaires, auxquels s’ajouteraient 22 millions de dollars de producteurs de semences certifiées. Les financements doivent renforcer l’accès aux intrants, aux services numériques et aux marchés.

Le total inclut également des opérations déjà structurées par la Société financière internationale. L’institution indique avoir contribué à mobiliser 1,02 milliard de dollars pour le refinancement de Dangote Industries et 282,5 millions de dollars pour Indorama Fertiliser. Ces deux projets représentent une capacité annuelle combinée de 6,8 millions de tonnes et doivent améliorer l’accès aux engrais de plus de dix millions de petits agriculteurs.

La stratégie s’appuie enfin sur les garanties de l’Agence multilatérale de garantie des investissements pour réduire certains risques supportés par les prêteurs et investisseurs. Abuja a demandé le 12 octobre un recours accru à ces instruments pour les infrastructures, mais aucune nouvelle garantie chiffrée n’a été annoncée à l’issue de cette rencontre.