Un groupe représentant des détenteurs d’obligations souveraines internationales du Sénégal a choisi le cabinet Alvarez & Marsal comme conseiller financier pour les discussions sur le traitement de la dette, ont indiqué mardi 13 octobre à Reuters trois sources ayant une connaissance directe du dossier.

Ce groupe détient 2,2 milliards de dollars de titres en valeur faciale sur un encours obligataire international total de 5,2 milliards de dollars, selon l’agence. Le cabinet White & Case assure sa représentation juridique. Les deux cabinets n’avaient pas répondu aux demandes de commentaire de Reuters au moment de la publication et le gouvernement sénégalais n’a pas annoncé publiquement cette désignation.

Trois autres sources proches du dossier ont indiqué à Reuters que des détenteurs de titres avaient adressé au gouvernement, environ dix jours plus tôt, une lettre avertissant qu’une demande de réduction du principal pourrait ralentir sensiblement les négociations. Cette démarche répondait à une demande des autorités invitant les principaux groupes de créanciers à préciser leurs lignes rouges. Aucun niveau de décote ni aucune autre modalité de restructuration n’a été arrêté publiquement.

Le Sénégal avait convié ses créanciers extérieurs à une réunion d’information virtuelle le 6 octobre, organisée sous les bons offices du Fonds monétaire international. Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan avait précisé que les autorités présenteraient leur situation économique et financière, leur programme de réformes, leur stratégie de traitement de la dette et le calendrier des prochaines étapes.

Lors de cette réunion, le pays a dit viser des accords avec les créanciers officiels et les détenteurs d’obligations d’ici décembre, selon trois sources citées séparément par Reuters. Le Plan de traitement de la dette lancé le 1er septembre prévoit des consultations parallèles avec les différentes catégories de créanciers dans le cadre commun du G20. La dette libellée en francs CFA doit rester hors du périmètre, compte tenu du rôle du marché régional dans le financement de l’État et de l’économie, selon le ministère.

Les services du FMI et les autorités sénégalaises ont conclu le 1er septembre un accord technique susceptible de soutenir un programme de Facilité élargie de crédit de 36 mois portant sur 1,5371 milliard de droits de tirage spéciaux, soit environ 2,2 milliards de dollars. Le décaissement n’est pas encore acquis. L’accord reste soumis à l’approbation de la direction et du conseil d’administration du Fonds, ainsi qu’à l’obtention d’assurances de financement et à des mesures correctrices liées aux déclarations erronées de dette antérieures.

Le gouvernement présente le traitement de la dette comme un moyen de réduire le service annuel et les besoins de refinancement afin de dégager des marges budgétaires. Il affirme vouloir consacrer une partie de ces marges à l’apurement des arriérés dus aux entreprises privées. Cet effet dépendra toutefois des modalités encore à négocier et de l’approbation définitive du programme du FMI.