La dette publique mondiale devrait passer de 94 % du produit intérieur brut en 2025 à 100 % en 2029, a averti le Fonds monétaire international mercredi 14 octobre, en appelant les gouvernements à corriger leurs déficits avant que des marchés plus exigeants ne rendent l’ajustement plus brutal.

Le directeur du département des finances publiques du FMI, Rodrigo Valdés, a indiqué que les résultats budgétaires de 2026 étaient moins bons que prévu six mois plus tôt. L’institution observe aussi que la majorité des pays envisagent encore d’augmenter leurs dépenses, alors que l’inflation, le niveau élevé de la dette et la progression des rendements obligataires réduisent leurs marges de manœuvre.

La pression est particulièrement forte dans les pays à faible revenu. Le paiement des intérêts y absorbe désormais plus de 15 % des recettes fiscales, contre environ 9 % en moyenne entre 2011 et 2019, selon le FMI. Cette charge laisse moins de ressources disponibles pour les infrastructures et les services publics, au moment où les financements extérieurs sont déjà plus difficiles d’accès.

Des taux plus élevés jusque dans les budgets africains

Les rendements moyens des obligations publiques à dix ans du Groupe des Sept ont augmenté de plus de 110 points de base entre février et septembre, atteignant leur niveau le plus élevé depuis près de vingt ans. Le FMI prévient que les déséquilibres des grandes économies peuvent se transmettre au reste du monde par le coût du financement et les mouvements de capitaux.

Le coût effectif moyen du financement public devrait ainsi progresser de 2,3 % en 2021 à 3,7 % en 2031. Les conditions sont restées favorables pour de nombreux pays émergents et en développement, mais l’institution estime qu’elles pourraient se dégrader rapidement. Elle recommande de réduire les vulnérabilités budgétaires et d’améliorer la gestion de la dette avant de nouvelles échéances de refinancement.

Pour les économies à faible revenu, le FMI préconise de renforcer les systèmes fiscaux et l’efficacité des dépenses. Son rapport juge qu’une taxe sur la valeur ajoutée plus neutre, une meilleure prise en compte des coûts d’investissement dans l’impôt sur les sociétés et une administration fiscale modernisée peuvent soutenir l’investissement, l’emploi et la productivité sans diminuer les recettes globales. La portée de ces réformes dépend toutefois de leur conception et de la protection des ménages les plus fragiles.

L’institution évalue par ailleurs à environ 0,5 % du PIB mondial le coût budgétaire des mesures prises pour atténuer la hausse des prix de l’énergie. Elle appelle à limiter les soutiens aux dispositifs temporaires, ciblés et transparents, afin de préserver les budgets sans neutraliser les signaux de prix.