Kenya Airways a demandé lundi 12 octobre à ses actionnaires et aux investisseurs de rester prudents après l’approbation par le gouvernement kényan d’un prêt d’actionnaire de 350 millions de dollars, évalué à environ 45,2 milliards de shillings. La compagnie a souligné que la mise en œuvre dépend encore de négociations, de documents contractuels définitifs et des autorisations nécessaires.
Le conseil des ministres avait validé le 9 octobre ce financement destiné aux obligations opérationnelles urgentes, notamment la maintenance des appareils et le retour en service d’avions immobilisés. Les fonds doivent être versés par tranches sous la supervision du Trésor national, avec une durée de remboursement pouvant atteindre dix ans.
Le prêt pourrait être remboursé plus tôt selon des modalités à convenir ou converti en actions au choix de l’État dans le cadre d’une future restructuration du capital. Cette option exige l’accord des actionnaires et des régulateurs. L’approbation politique ne constitue donc pas encore un décaissement ni une conversion effective.
Une seconde mesure porte sur environ 122 milliards de shillings de prêts publics existants et d’intérêts accumulés. Le gouvernement propose de les transformer en un instrument négociable répondant aux critères des fonds propres afin d’alléger le bilan de Kenya Airways et de faciliter une future levée de capitaux.
La compagnie a indiqué qu’elle informerait le marché lorsque les conditions seront suffisamment définies. Son avis adressé aux autorités du marché des capitaux et à la Bourse de Nairobi vise à éviter que les investisseurs considèrent les montants annoncés comme définitivement acquis avant la signature des accords et les votes requis.
Cette intervention s’inscrit dans le redressement d’un transporteur confronté à des coûts de maintenance élevés et à un déficit de capacité. Selon les données publiées par la presse kényane, le chiffre d’affaires du premier semestre 2026 a progressé de 9 % à 81 milliards de shillings, tandis que la perte nette s’est creusée à 16,1 milliards contre 12,2 milliards un an plus tôt.
Le gouvernement, qui détient 48,9 % de Kenya Airways, estime que la compagnie contribue chaque année à plus de 1,3 milliard de dollars au produit intérieur brut par le tourisme, le commerce et la connectivité régionale. Cette estimation officielle décrit l’importance économique du transporteur, mais elle ne préjuge pas de la rentabilité du nouveau financement pour les finances publiques.