Le service de la dette du Kenya devrait atteindre 2 301 milliards de shillings pendant l’exercice qui s’achèvera en juin 2027 et absorber 79,8 % des recettes ordinaires de l’État, selon les projections du Trésor national publiées dans son rapport annuel de gestion de la dette.

La charge progresserait de 23 % par rapport aux 1 875 milliards de shillings de l’exercice précédent. L’augmentation représente environ 426 milliards de shillings en un an et porterait la part des recettes consacrée aux remboursements et aux intérêts 7,4 points au-dessus du niveau de 2025-2026.

Les paiements d’intérêts formeraient la principale composante de cette facture. Le Trésor les estime à 1 295 milliards de shillings, contre 1 075 milliards un an auparavant. Ils équivaudraient à 44,9 % des 2 884 milliards de shillings de recettes ordinaires attendues.

La seule charge d’intérêts sur la dette intérieure monterait à 1 027 milliards de shillings, tandis que celle de la dette extérieure atteindrait 267,5 milliards. L’État prévoit en outre de rembourser 463,5 milliards de shillings d’obligations domestiques et 542,9 milliards de principal sur sa dette extérieure avant la fin de juin 2027.

La contrainte resterait élevée au-delà de l’exercice en cours. Le service total est projeté à 2 535 milliards de shillings en 2027-2028 puis à 2 562 milliards en 2028-2029. Sa part dans les recettes ordinaires serait encore de 79 % puis de 72 %, avant un recul attendu à 64,7 % en 2029-2030.

Le gouvernement a tenté d’étaler les échéances en émettant un eurobond de 2,25 milliards de dollars pendant l’exercice clos en juin 2026 et en rachetant une partie des titres arrivant à maturité en 2028 et 2032. Les échanges et rachats d’obligations domestiques ont porté sur 66,8 milliards de shillings, sans supprimer le risque lié au recours plus important aux titres à court terme.

La dette publique kenyane atteignait 13 120 milliards de shillings fin juin 2026, soit 70,4 % du produit intérieur brut. Le Trésor la juge soutenable dans son scénario central, tout en maintenant que la dette publique globale et la dette extérieure restent exposées à un risque élevé de surendettement.