Le Soudan du Sud a lancé samedi 10 octobre la construction d’une plateforme logistique dans la zone économique spéciale de Mai Mahiu, au Kenya, afin de regrouper et d’acheminer plus rapidement ses cargaisons entre le port de Mombasa et Juba.
Le projet doit créer un centre alternatif de dédouanement et de manutention pour les importations et exportations sud-soudanaises. Il sera relié au corridor ferroviaire à écartement standard depuis Mombasa, puis aux liaisons routières vers les pays enclavés d’Afrique de l’Est.
Selon l’Agence de presse du Kenya, Nairobi a réservé gratuitement des parcelles de dix acres à plusieurs pays de la région pour établir leurs propres plateformes. Le Soudan du Sud est le premier à avoir commencé les travaux, tandis que le Rwanda et le Burundi préparent encore leurs installations.
Le Rwanda a confirmé séparément son intention d’utiliser Mai Mahiu pour raccourcir le parcours de ses marchandises depuis Mombasa. Sa ministre chargée du commerce et des affaires étrangères Usta Kayitesi a indiqué que les exportations kenyanes vers le Rwanda dépassaient 300 millions de dollars, sans préciser le coût ni la date de démarrage de la plateforme rwandaise.
L’Autorité kényane des zones économiques spéciales présente Naivasha comme un point d’échange entre le réseau ferroviaire à écartement standard et l’ancien réseau métrique. La zone doit réunir un dépôt intérieur de conteneurs, une aire logistique, des installations ferroviaires et des parcs industriels.
Vingt-quatre investisseurs locaux et internationaux ont manifesté leur intérêt, contre quinze au début de l’année, d’après les responsables cités par les médias publics kényans. Des études de faisabilité projettent une hausse du fret passant de 15 millions de tonnes actuellement à 40 millions dans les cinq prochaines années, mais cette estimation n’est pas un volume garanti.
Le projet sud-soudanais peut réduire les délais et la congestion seulement si les raccordements ferroviaires et routiers, les procédures douanières et les services frontaliers fonctionnent de manière coordonnée. Le montant de l’investissement, le calendrier d’achèvement et les futurs tarifs de manutention n’ont pas été communiqués.