KEFI Gold and Copper a annoncé lundi 12 octobre la reprise progressive du développement de la mine d’or de Tulu Kapi, dans l’ouest de l’Éthiopie, après cinq semaines de suspension. Le groupe coté à Londres avait interrompu le chantier le 7 septembre à la suite d’un incident mortel survenu trois jours plus tôt dans la zone du projet.

Les premiers travaux concernent le raccordement électrique et la remobilisation des équipes chargées des nouvelles routes d’accès. KEFI prévoit ensuite de remplacer les logements et les terres des habitants appelés à quitter la zone couverte par le permis minier, avant d’installer les infrastructures de sécurité, de lancer les terrassements de l’usine de traitement et de construire les hébergements permanents du personnel.

La société affirme avoir repris le programme après des consultations avec les représentants locaux, les autorités fédérales et celles de la région Oromia. Elle indique privilégier une exécution par étapes et renforcer la place des entreprises locales, mais n’a pas publié lundi de calendrier révisé pour l’achèvement du chantier ni pour la première production.

Le financement reste déterminant pour la suite. Dans ses résultats semestriels publiés fin septembre, KEFI disait avoir assemblé un dispositif comprenant 240 millions de dollars de dette garantie apportée par Africa Finance Corporation et la Trade and Development Bank, 60 millions de dollars de financement d’équipements par BCM et plus de 100 millions de dollars de capitaux exposés au risque du projet.

Les prêteurs ont continué à soutenir le projet pendant la suspension, selon le communiqué de lundi. Les discussions se poursuivent toutefois sur la nouvelle séquence des travaux et sur le calendrier des tirages, ce qui signifie que l’appui déclaré ne vaut pas encore décaissement de l’ensemble des montants annoncés.

KEFI avait signé en juin avec BCM un contrat de services miniers de plus de 400 millions de dollars sur les neuf premières années prévues d’exploitation. La société évalue à plus de 150 millions de dollars les sommes déjà investies dans Tulu Kapi, une donnée qu’aucune source indépendante n’a actualisée dans l’immédiat.

Le redémarrage doit remettre en mouvement les marchés de routes, d’électricité, de terrassement et de logements autour du site. KEFI estime qu’une mine en production emploierait directement environ 1 000 personnes issues des communautés locales et soutiendrait de nouveaux fournisseurs, mais ces effets restent conditionnés à l’exécution du financement et au respect du nouveau calendrier.

L’incident du 4 septembre a causé le premier décès parmi le personnel du projet en douze ans de contrôle par KEFI, selon l’entreprise. Le communiqué ne détaille ni les conclusions des examens menés depuis lors ni les nouvelles mesures de sécurité, et annonce que des précisions seront communiquées à mesure que les actions seront finalisées.