Le World Gold Council et l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) ont annoncé le 12 octobre un partenariat de trois ans pour renforcer la traçabilité de l’or artisanal et lutter contre les flux illicites. L’accord doit aider les pays producteurs à faire entrer davantage de métal dans les circuits déclarés.
Les deux organisations prévoient des projets pilotes, des guides et un appui à la collecte de données. Leur communiqué ne précise toutefois ni les pays qui accueilleront ces projets, ni leur budget, ni un calendrier de déploiement. Il s’agit d’un cadre de coopération, sans résultats chiffrés annoncés à ce stade.
Le dispositif s’appuiera sur les structures nationales de l’ITIE, où siègent les pouvoirs publics, les entreprises et la société civile. L’objectif est de mieux documenter les chaînes d’approvisionnement et de faciliter l’accès des producteurs artisanaux aux marchés formels, en renforçant les vérifications sur l’origine du métal.
Pour les économies africaines, l’enjeu porte notamment sur les revenus qui échappent aux circuits officiels. Dans une étude publiée en 2024, l’organisation suisse SWISSAID estimait qu’entre 321 et 474 tonnes d’or issues de l’exploitation artisanale et à petite échelle étaient produites chaque année sur le continent sans être déclarées. Cette estimation historique ne mesure pas la production de 2026.
Le même travail, qui couvre les 54 pays africains et plus de dix années de données, relevait que les Émirats arabes unis avaient importé 2 569 tonnes d’or africain entre 2012 et 2022 sans déclaration correspondante à l’exportation dans les pays de départ. SWISSAID préconisait notamment une harmonisation de la fiscalité et des contrôles renforcés pour réduire les pertes de recettes publiques.