L’Éthiopie a inauguré le 10 octobre à Addis-Abeba sa première raffinerie nationale de métaux précieux, une coentreprise de 50 millions de dollars installée dans la zone économique spéciale de Bole Lemi. L’ouverture a été annoncée par le Premier ministre Abiy Ahmed et confirmée lundi par Reuters.

Le projet associe Ethiopian Investment Holdings, le fonds public éthiopien, à Sam Precious Metals, un raffineur basé à Dubaï. L’État détient 51 % de la société et le partenaire international 49 %, selon les informations communiquées lors de l’inauguration.

L’usine est conçue pour analyser, raffiner et couler de l’or, puis produire des lingots d’or et d’argent de plusieurs niveaux de pureté. Sa capacité annoncée dépasse 600 tonnes de métaux précieux par an lorsqu’elle fonctionne à plein régime.

Ce chiffre décrit une capacité installée et non une production déjà réalisée. Les autorités n’ont publié ni taux d’utilisation initial, ni calendrier de montée en charge, ni contrats d’approvisionnement permettant d’établir les volumes qui seront effectivement raffinés.

Le gouvernement veut retenir dans le pays une plus grande part de la valeur créée par l’or au lieu d’exporter le métal brut pour le faire transformer à l’étranger. Il attend aussi des recettes en devises, des emplois spécialisés et un soutien à la bijouterie locale.

Abiy Ahmed a évoqué un potentiel d’exportations pouvant atteindre 80 milliards de dollars par an si l’installation réunissait suffisamment de métal à traiter. Cette somme est une estimation conditionnelle présentée par le gouvernement, et non une prévision de recettes pour 2026 ou pour un exercice déterminé.

La capacité de 600 tonnes dépasse les seuls besoins domestiques et suppose que la raffinerie attire des flux provenant d’autres pays africains. Au 12 octobre, aucun volume régional sécurisé, aucune certification internationale de l’installation et aucun objectif de production pour sa première année n’avaient été rendus publics.