La Banque du Ghana teste avec le Nigeria et le Rwanda des paiements transfrontaliers combinant monnaies numériques de banque centrale, stablecoins, comptes bancaires et portefeuilles mobiles, a annoncé mardi 13 octobre son gouverneur Johnson Pandit Asiama à Bangkok, en marge des assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.
Les essais portent sur les corridors Ghana-Nigeria et Ghana-Rwanda. Ils doivent déterminer si plusieurs formes de monnaie peuvent circuler d’un pays à l’autre sans passer par des banques correspondantes situées hors du continent. La banque centrale ghanéenne indique aussi avoir étendu le système panafricain de paiement et de règlement PAPSS aux portefeuilles mobiles sur le corridor avec le Nigeria.
Ces essais précèdent une éventuelle ouverture commerciale, dont la date reste à annoncer. La Banque du Ghana compte s’appuyer sur PAPSS pour faire évoluer les tests vers des services opérationnels.
Réduire le détour par le dollar
Le gouverneur présente l’interopérabilité comme un moyen de permettre à un commerçant d’Accra de payer un fournisseur à Lagos en monnaie locale, sans conversion préalable en dollars ni recours à une banque correspondante étrangère. Selon lui, le coût de certains paiements entre pays africains dépasse encore 8 %, loin de la cible internationale de 3 %.
L’enjeu est particulièrement important pour les petites entreprises qui utilisent davantage les portefeuilles mobiles que les services bancaires classiques. PAPSS fonctionne déjà comme une infrastructure de règlement en monnaies locales et son offre publique au Nigeria recense des banques et des portefeuilles mobiles participants. L’essai ghanéen cherche à étendre cette logique au-delà des règlements principalement bancaires.
Le marché intérieur donne au Ghana une base d’utilisateurs importante pour tester ces usages. Les transactions de mobile money ont dépassé un milliard d’opérations en août 2026, pour une valeur de 519 milliards de cedis, en hausse de 46,5 % sur un an, selon les chiffres présentés par Johnson Pandit Asiama. Le gouverneur estime cependant que l’accès à un service financier, qui concerne 81 % des adultes, ne se traduit pas toujours par une utilisation régulière et adaptée, le taux d’inclusion effective étant évalué à 52,7 %.
La Banque du Ghana travaille parallèlement avec la Banque nationale du Rwanda sur un dispositif de passeport de licence destiné aux entreprises financières réglementées. Ce mécanisme doit éviter aux fintechs de répéter les mêmes procédures dans chaque pays. Plus de dix autres États sont en discussion pour rejoindre cette approche, selon le gouverneur.