Les entreprises détenues ou dirigées par des Noirs font face à un déficit de financement estimé à 209 milliards de dollars au Nigeria, en Afrique du Sud, au Kenya, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, selon une étude publiée mardi 13 octobre par British International Investment et Swedfund.
Le Nigeria concentre la plus grande part du manque évalué, avec 131 milliards de dollars, soit près de 63 % du total des cinq marchés. L’Afrique du Sud suit avec 45 milliards, devant le Kenya avec 23 milliards, le Sénégal avec 5,7 milliards et la Côte d’Ivoire avec 4,6 milliards.
L’étude, réalisée par Open Capital Advisors, estime que ces entreprises supportent environ 80 % de l’ensemble du déficit de financement recensé dans les cinq pays. Le chiffre de 209 milliards de dollars représente l’écart modélisé entre leurs besoins de capitaux pour se développer et les financements auxquels elles peuvent accéder.
Les auteurs emploient la catégorie BOLD pour désigner les entreprises détenues ou dirigées par des personnes noires. Ils constatent que ces sociétés représentent entre 89 % et 99 % des petites entreprises dans les marchés étudiés, mais que leur présence diminue à mesure que la taille des structures augmente. Elle tomberait à 40 % parmi les grandes entreprises au Kenya et à 35 % en Afrique du Sud.
Cette diminution met en évidence une difficulté à transformer une petite activité en entreprise de taille moyenne ou en groupe capable d’investir dans des secteurs exigeant davantage de capitaux. Les entreprises concernées restent fortement présentes dans l’agriculture, les systèmes alimentaires, le commerce, les services et l’industrie légère, tandis que les barrières sont plus élevées dans les infrastructures, l’énergie et les services financiers.
Le rapport identifie plusieurs obstacles, notamment un accès limité aux réseaux d’investisseurs, une préparation insuffisante aux exigences des bailleurs, des instruments de financement mal adaptés et un manque de compétences spécialisées. Au Nigeria, l’accès aux devises complique aussi le financement d’équipements et d’activités dépendant des importations.
Les besoins compris entre 100 000 et un million de dollars sont particulièrement difficiles à couvrir, selon la synthèse de l’étude. Ce segment se situe souvent entre les programmes de subvention destinés aux très petites entreprises et les montants recherchés par les fonds institutionnels, ce qui limite les possibilités de croissance.
British International Investment et Swedfund recommandent de renforcer les partenariats locaux, la représentation des professionnels noirs dans les décisions d’investissement et la collecte de données. Les pistes citées comprennent également le capital patient, les financements en monnaie locale, les dispositifs mixtes, le partage des risques et l’assistance technique destinée à préparer les entreprises à recevoir des capitaux.