Vingt et un des 29 marchés financiers africains évalués ont amélioré leur score en 2026, mais la faiblesse des volumes échangés continue de limiter leur capacité à attirer les capitaux, selon l’indice publié mercredi 14 octobre par Absa Group et l’Official Monetary and Financial Institutions Forum.

Le score moyen atteint 56 points, son niveau le plus élevé depuis la création de l’indice il y a dix ans et six points de plus qu’en 2017. Cette progression s’appuie notamment sur le ralentissement de l’inflation, le renforcement des réserves de change et des réformes réglementaires. Les 29 économies ont amélioré leur score de croissance, tandis que l’inflation et le poids de la dette extérieure ont reculé dans 20 pays.

L’Afrique du Sud conserve la première place grâce à la taille et à la liquidité de ses marchés, à la diversité des produits et à la présence d’investisseurs institutionnels. Maurice et la Namibie complètent le trio de tête. Le Cap-Vert réalise la plus forte progression en gagnant six places, au treizième rang, porté par ses réserves de change et ses initiatives de finance durable.

Des échanges encore trop limités

Le rapport relève que les marchés ont élargi leur gamme de produits et modernisé certaines infrastructures. Douze pays améliorent leur score en matière de diversité des instruments, avec de nouveaux produits durables, des dérivés et des titres adossés à des infrastructures. Cette évolution ne s’est toutefois pas traduite partout par une hausse suffisante des transactions sur les marchés secondaires.

Ce manque de liquidité a des effets concrets sur le financement. Un marché où les titres s’échangent peu rend plus difficile la fixation des prix et peut accroître le coût exigé par les investisseurs. Les entreprises restent alors plus dépendantes du crédit bancaire, tandis que l’épargne institutionnelle peine à être orientée vers les infrastructures et les investissements de long terme.

Le Ghana gagne quatre places et atteint le sixième rang, soutenu par le recul de l’inflation, l’activité boursière et l’amélioration de la conjoncture après sa crise de la dette. Le Botswana et le Nigeria reculent chacun de deux places, respectivement aux septième et huitième rangs. L’accès aux devises et la transparence pèsent sur le Nigeria, malgré des réformes comprenant la valorisation au prix du marché des fonds obligataires et une nouvelle plateforme pour les billets de trésorerie.

La finance durable progresse aussi dans les cadres réglementaires. Dix-neuf pays déclarent des initiatives environnementales, sociales et de gouvernance, et onze ont mis en place des tests de résistance climatique, parmi lesquels le Bénin, les Seychelles et la Tanzanie.

L’indice couvre des économies représentant environ 80 % de la population et du produit intérieur brut du continent. Il mesure la profondeur des marchés, l’accès aux devises, la transparence, le développement des fonds de pension, l’environnement macroéconomique et la solidité du cadre juridique et réglementaire.

L’édition 2026 inaugure une méthode fondée sur des références fixes de bonnes pratiques plutôt que sur la seule comparaison entre pays. Les séries historiques ont été recalculées pour préserver la comparabilité. Le rapport s’appuie sur des données quantitatives et sur une enquête auprès de plus de 50 banques centrales, places boursières, régulateurs, investisseurs et institutions de développement.