La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest relèvera à 4 millions de FCFA, à compter du 2 novembre 2026, le montant maximal qu’un client identifié peut conserver en monnaie électronique auprès d’un même émetteur dans l’Union monétaire ouest-africaine. La limite actuelle de 2 millions sera ainsi doublée, selon l’instruction signée le 8 octobre à Dakar par le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou.

Le texte porte également de 10 à 15 millions de FCFA le cumul des rechargements autorisés sur un mois. Cette seconde limite concerne les sommes chargées pendant la période et non le solde disponible ni le montant d’une transaction unique. Elle s’applique, comme le plafond des avoirs, à l’ensemble des instruments détenus chez un même établissement.

Un utilisateur qui possède plusieurs portefeuilles auprès du même émetteur ne pourra donc pas multiplier les plafonds en répartissant ses fonds. Les avoirs seront additionnés pour vérifier le respect de la limite de 4 millions de FCFA. La mesure concerne les clients identifiés, tandis que les distributeurs et les accepteurs agissant dans le cadre de leur activité professionnelle ne sont pas soumis à ces plafonds.

La BCEAO prévoit des dérogations, mais elles devront être autorisées au préalable. L’émetteur devra justifier le montant demandé, la durée du dépassement et les contrôles renforcés mis en place. La banque centrale pourra limiter ou retirer son accord si les conditions ayant motivé l’autorisation ne sont plus réunies.

Pour les petits commerces et les travailleurs indépendants qui encaissent régulièrement par téléphone, les nouveaux seuils réduiront le risque de bloquer un portefeuille à mesure que les paiements s’accumulent. Ils pourront aussi faciliter le règlement de dépenses plus importantes sans retour systématique aux espèces. L’effet concret dépendra cependant des limites appliquées par chaque opérateur aux transactions individuelles et de la qualité des dispositifs de vérification des clients.

L’instruction modifie aussi la gestion des fonds qui garantissent la monnaie électronique en circulation. Les émetteurs devront conserver en permanence au moins 65 % de cette contrepartie sous forme de dépôts à vue. Le solde pourra être placé dans des dépôts à terme ou dans certaines catégories de titres de dette autorisés, sous le contrôle de la BCEAO.

La réforme intervient alors que l’Union déploie sa plateforme interopérable de paiement instantané PI-SPI et connecte progressivement les acteurs privés et publics. Le relèvement des plafonds ne remplace pas les règles de lutte contre le blanchiment, de traçabilité et de protection des fonds, qui continuent de s’appliquer aux établissements émetteurs.