La Banque mondiale a annoncé mardi 13 octobre un financement supplémentaire de 93 millions de dollars pour renforcer la riposte contre Ebola en République démocratique du Congo et la préparation sanitaire de onze pays exposés dans la région.

Une enveloppe de 80 millions de dollars doit soutenir la réponse nationale congolaise, tandis que 13 millions sont destinés aux pays voisins et aux institutions régionales. Ces deux tranches portent à 426,6 millions de dollars le total des engagements du Groupe de la Banque mondiale contre l’épidémie, en combinant financements nouveaux et existants, dons et ressources concessionnelles.

Les 80 millions de dollars doivent financer la surveillance, les laboratoires, la prise en charge des malades, la prévention des infections et la mobilisation communautaire. La Banque mondiale indique que le programme a déjà livré 104 plateformes de diagnostic, 70 000 tests et 340 tonnes de médicaments et de matériel médical. Elle affirme aussi que le délai de détection a été ramené de dix jours au début de l’épidémie à un ou deux jours en septembre.

Le financement intervient alors que le tableau de bord de l’Institut national de santé publique et de l’Institut national de recherche biomédicale recensait 9 066 cas confirmés et 4 381 décès au 11 octobre. Les données congolaises montrent une mortalité proche de la moitié des cas confirmés. L’Organisation mondiale de la santé avait comptabilisé 8 728 cas et 4 205 décès au 6 octobre, dans 64 zones de santé réparties entre sept provinces.

La tranche régionale de 13 millions de dollars doit renforcer les laboratoires, la surveillance et le dépistage numérique aux points d’entrée. Elle passera par le programme régional de préparation et de résilience aux urgences sanitaires et doit appuyer les interventions de l’Africa CDC, de la Communauté de santé d’Afrique de l’Est, centrale et australe et de l’Autorité intergouvernementale pour le développement.

Le risque de propagation au-delà de la RDC s’est matérialisé au début d’octobre. L’OMS a confirmé qu’un patient infecté en RDC avait traversé l’Ouganda avant d’être hospitalisé au Kenya, où il est décédé le 5 octobre. Les autorités kényanes et ougandaises ont engagé la recherche des contacts.

La Banque mondiale prévoit aussi d’utiliser ces ressources pour maintenir les soins maternels et infantiles en Ituri, protéger les moyens de subsistance et permettre aux enfants de continuer à fréquenter l’école. Ces services sont déjà fragilisés. Selon des données des Nations unies citées par Reuters le 14 octobre, les décès maternels en Ituri ont augmenté de près de 70 % entre mai et juillet sur un an, tandis que les accouchements en établissement ont reculé de plus de 30 % et la prise en charge des complications obstétricales de 50 %.