Le Fonds international de développement agricole et la Banque mondiale ont signé mardi 13 octobre à Bangkok un accord-cadre destiné à accroître leurs investissements conjoints dans les économies rurales et les systèmes alimentaires. Le dispositif doit faciliter la préparation, le financement et le suivi de projets axés sur l’emploi, la productivité agricole et la résistance aux chocs climatiques.

Cette nouvelle étape intervient après une forte progression de leur coopération financière. Le volume des cofinancements du FIDA réalisés avec l’Association internationale de développement, la branche de la Banque mondiale tournée vers les pays les plus pauvres, est passé d’environ 646 millions de dollars en 2021 à 1,56 milliard en 2025, selon les chiffres communiqués par le Fonds.

L’accord ne prévoit pas de nouvelle enveloppe globale chiffrée.

Le changement porte d’abord sur la méthode de travail. Les deux institutions prévoient de repérer plus systématiquement les opérations susceptibles de recevoir un financement conjoint, puis de les accompagner tout au long du cycle d’investissement. Le cadre facilite des dispositifs communs d’assistance technique, de passation des marchés, de gestion financière et de décaissement, ainsi que le suivi environnemental et social.

La coopération doit aussi aider les petits producteurs à accéder aux marchés et aux capitaux privés afin de développer leurs activités et de créer des emplois. Elle s’appuie notamment sur AgriConnect, une initiative du Groupe de la Banque mondiale qui vise à accompagner 300 millions de petits producteurs d’ici 2030. Elle prolonge également Water Forward, dont l’objectif est d’améliorer la sécurité hydrique de jusqu’à un milliard de personnes à la même échéance.

Au Nigeria, le pacte AgriConnect lancé fin septembre vise par exemple à améliorer la sécurité alimentaire de près de trois millions de personnes et à créer 2,56 millions d’emplois d’ici 2031, selon le FIDA.

Le Lesotho illustre les opérations que les deux institutions souhaitent prolonger. Le Fonds cite un programme national de 70,5 millions de dollars qui a déjà permis, selon son bilan, la création de près de 1 500 emplois et l’adoption de pratiques agricoles adaptées au climat par plus de 106 000 personnes. Des services agrométéorologiques auraient bénéficié à plus de 900 000 personnes.

Le nouvel accord est établi pour cinq ans, avec un renouvellement automatique de cinq années supplémentaires. La coopération entre la Banque mondiale et le FIDA remonte à 1978 et chaque institution conserve ses propres politiques, décisions de financement et exigences de redevabilité.