Le shilling ougandais s’échangeait jeudi 8 octobre entre 4 090 et 4 100 unités pour un dollar dans les banques commerciales, après avoir touché plusieurs plus bas historiques au cours du mois. La monnaie avait perdu plus de 11 % depuis le début de 2026, selon les cotations recueillies par Reuters.
Une semaine plus tôt, les banques affichaient une fourchette de 3 960 à 3 970 shillings pour un dollar. La variation entre les deux observations représente une dépréciation d’environ 3,3 % au point médian, sans préjuger des mouvements intervenus depuis la clôture de jeudi.
Les cambistes attribuent la pression à la demande de devises des importateurs de marchandises, des entreprises énergétiques et des opérateurs de télécommunications. Les achats anticipés de dollars avant le pic commercial de fin d’année et le niveau élevé des prix de l’énergie renforcent ce mouvement.
Le passage au-dessus de 4 000 shillings pour un dollar avait déjà été constaté au début du mois. Le quotidien ougandais Daily Monitor relevait le 5 octobre des cotations de 4 017 à l’achat et 4 027 à la vente, contre environ 3 604 en mars.
La baisse renchérit mécaniquement en monnaie locale les factures libellées en dollars lorsque leur prix international ne change pas. Les entreprises dépendantes des carburants, des équipements importés ou des intrants étrangers doivent alors mobiliser davantage de shillings, avec un risque de transmission aux prix si elles répercutent le surcoût.
La Banque d’Ouganda a indiqué qu’elle ne défendait pas un niveau précis du taux de change. Le gouverneur Michael Atingi-Ego a expliqué en septembre que l’intervention visait à lisser une volatilité excessive plutôt qu’à empêcher une dépréciation ordonnée.
Cette position laisse le marché absorber le déséquilibre entre l’offre et la demande de dollars tant que les mouvements ne deviennent pas désordonnés. La banque centrale affirme disposer d’outils d’intervention, mais n’a pas annoncé de seuil à partir duquel elle les utiliserait.
Les données disponibles décrivent la situation à la clôture du 8 octobre et non un cours en temps réel pour le 12 octobre. Les prochains mouvements dépendront notamment des paiements d’importations, des entrées de devises et des décisions de la banque centrale.