La Banque d’Ouganda a relevé mercredi 14 octobre son taux directeur de 9,75 % à 12 % à l’issue d’une réunion extraordinaire, pour contenir les tensions inflationnistes provoquées par la dépréciation du shilling et le renchérissement de l’énergie.

La hausse de 2,25 points de pourcentage intervient alors que la monnaie ougandaise a perdu environ 12 % de sa valeur face au dollar depuis le début de l’année, selon Reuters. Le gouverneur Michael Atingi-Ego a expliqué que la dégradation des comptes extérieurs et la baisse du shilling risquaient d’amplifier la hausse des prix.

La demande de devises des importateurs de pétrole et les sorties d’investisseurs étrangers du marché des obligations publiques alimentent les pressions sur la monnaie. La hausse des cours mondiaux de l’énergie, liée au conflit au Moyen-Orient, accroît les besoins en dollars pour payer les approvisionnements.

L’inflation annuelle a atteint 4,6 % en septembre, contre 4,1 % en août. La banque centrale prévoit désormais une inflation globale moyenne comprise entre 7 % et 7,5 % au cours des douze prochains mois. Elle attend une inflation sous-jacente, qui exclut certaines composantes volatiles, entre 5,5 % et 6 %, au-dessus de sa cible de moyen terme de 5 %.

Le resserrement monétaire intervient dans une économie dont les perspectives ralentissent. La Banque d’Ouganda ramène sa prévision de croissance pour l’exercice 2026-2027 dans une fourchette de 6 % à 6,5 %, contre 7 % à 7,5 % auparavant, en raison notamment de la hausse des coûts énergétiques et du durcissement des conditions financières.

Cette décision s’ajoute au relèvement des réserves obligatoires imposées aux banques, passées de 11 % à 13,5 % le 24 septembre. La réunion extraordinaire avait été annoncée mardi, tandis que le prochain rendez-vous ordinaire du comité de politique monétaire était prévu le 12 novembre.

Mise à jour du 14 octobre 2026 à 17 h 51, heure du Bénin, avec la décision du comité monétaire.