Le Conseil national de développement du sucre du Nigeria a présenté dimanche 11 octobre un programme de 7,1 milliards de dollars sur dix ans pour porter la production annuelle au-delà de 2 millions de tonnes et réduire la dépendance aux importations.
Le pays consomme environ 1,8 million de tonnes de sucre par an, alors que les usines locales n’en ont produit qu’environ 27 000 tonnes l’an dernier. Plus de 97 % du sucre raffiné provient encore de sucre brut importé, selon les données communiquées par l’organisme public.
Les 7,1 milliards de dollars ne constituent pas un financement déjà acquis. Le plan prévoit de réunir 5 milliards de dollars de dette et 2,1 milliards de fonds propres auprès des promoteurs. Le volet dette devrait comprendre 3 milliards auprès d’agences de crédit à l’exportation, 1,75 milliard auprès d’institutions de financement du développement et 250 millions auprès d’établissements nigérians.
Dix nouveaux complexes sucriers doivent fournir 835 000 tonnes par an à pleine capacité. Le Conseil affirme avoir identifié des promoteurs et sécurisé 143 478 hectares dans huit États, notamment Niger, Kwara, Oyo, Kaduna, Jigawa, Bauchi, Nasarawa et Adamawa. Les projets, conçus pour produire aussi de l’éthanol et de l’électricité, sont encore soumis à des examens techniques indépendants.
Les opérateurs existants devraient ajouter 1,22 million de tonnes, contre environ 100 000 tonnes attendues des domaines déjà en activité. Le programme réserve aussi 11 000 hectares à des planteurs partenaires, dont 7 000 hectares ont été identifiés dans les États de Kwara, Niger et Adamawa.
Le Conseil estime que la montée en puissance pourrait économiser 2,1 milliards de dollars de devises par an et créer 110 000 emplois directs et indirects. Ces effets restent conditionnés à la mobilisation du capital, à la viabilité des sites et à la capacité des exploitants à sécuriser l’irrigation, les semences et les débouchés.