Le Centre d’intégrité publique (CIP) du Mozambique a averti, dans une note publiée le 18 octobre, que le financement de la nouvelle Banque de développement du Mozambique (BDM) par des recettes extractives pourrait réduire les moyens consacrés à d’autres investissements publics.

Le projet de budget pour 2027, approuvé le 13 octobre en Conseil des ministres, prévoit 79,57 milliards de meticais d’investissements publics. Selon le CIP, cette enveloppe serait inférieure de 21,1 % au montant de référence pour 2026, de 100,84 milliards.

La note n’établit pas de lien causal entre ce recul et la capitalisation du BDM. Pour le CIP, affecter à la banque des recettes déjà budgétaires en modifie l’utilisation, sans créer de ressources supplémentaires pour l’État.

Le règlement du BDM affecte à cet établissement une fraction des recettes fiscales et non fiscales du secteur extractif. Cette part doit être fixée chaque année dans la loi de finances, en préservant les affectations légales aux autres fonds publics.

Le décret du 17 septembre impose que les recettes extractives transférées à la banque financent exclusivement des projets structurants et des infrastructures stratégiques. Leur emploi en dépenses courantes est interdit et leur utilisation doit être publiée annuellement dans le rapport de gestion et les comptes.

Le CIP reconnaît toutefois l’intérêt de mobiliser des financements supplémentaires et de réutiliser les prêts remboursés. Il demande de mesurer ces gains, ainsi que les coûts et les risques financiers.

Le règlement prévoit le recours à des établissements de crédit, sociétés financières ou fonds d’investissement pour mettre en œuvre les financements. Ces intermédiaires sont chargés des décaissements aux bénéficiaires et de la perception des remboursements de capital et des intérêts.