Les ventes de café éthiopien vers l’Union européenne pourraient subir une perte de recettes comprise entre 160 et 453 millions de dollars si une partie de la production reste hors des chaînes conformes au règlement européen contre la déforestation, selon une étude d’ODI Global publiée le 16 octobre 2026. Le scénario haut correspond à l’exclusion de 57 % des volumes destinés au marché européen.
La fourchette reste une estimation et non une perte déjà constatée. Elle repose sur un scénario prudent d’exclusion de 20 % et un scénario sévère de 57 %, liés aux lacunes de géolocalisation des parcelles et de traçabilité des lots. Si les volumes sont redirigés vers l’Asie, ODI évalue encore le manque à gagner entre 42 et 118 millions de dollars, les acheteurs européens payant davantage le café de spécialité éthiopien.
L’enjeu dépasse les seuls exportateurs. L’Union européenne absorbe environ 30 % des exportations de café du pays, tandis que cette filière représente près de 35 % des recettes d’exportation de marchandises. Le rapport estime que quatre millions de petits producteurs assurent l’essentiel de la récolte et qu’une baisse des rentrées en devises pourrait peser sur le birr, le crédit rural et le coût des importations.
Le principal obstacle vient du morcellement de la production. Seul environ un quart des parcelles avait été géolocalisé à la mi-2024, tandis que 57,4 % du café commercialisé passe par des collecteurs informels, selon les données reprises par ODI. L’Éthiopie développe un système national de traçabilité, mais celui-ci n’est pas encore pleinement opérationnel.
Le règlement doit s’appliquer le 30 décembre 2026 aux grandes entreprises, puis le 30 juin 2027 à la plupart des micro-opérateurs et petits opérateurs, selon la Commission européenne. Il impose à l’opérateur qui place le produit sur le marché européen d’établir que le café ne provient pas de terres récemment déboisées et respecte les règles du pays d’origine.





