L’écart de 0,25 point entre les taux directeurs de l’Eswatini et de l’Afrique du Sud peut renchérir le crédit au lieu de le rendre moins cher, selon une étude du Fonds monétaire international publiée à la mi-octobre. Le risque a repris de l’actualité après la hausse du taux sud-africain à 7,25 % le 19 octobre.
La Banque centrale d’Eswatini affichait encore un taux de 7,00 % et un taux préférentiel de 10,50 % le 22 octobre. Le pays reste donc en dessous de l’Afrique du Sud, une configuration que l’étude associe à une hausse progressive des taux bancaires locaux.
Le lilangeni est arrimé à parité au rand dans la Zone monétaire commune, où les capitaux circulent librement. Les grands déposants peuvent déplacer leurs fonds vers l’Afrique du Sud lorsque les rendements y deviennent plus attractifs, ce qui oblige les banques locales à défendre leurs ressources.
Le FMI constate que les décisions de la Banque centrale sud-africaine se transmettent presque entièrement aux taux moyens des prêts en Eswatini en l’espace d’un mois. Les variations du taux eswatinien ont en revanche un effet limité sur la rémunération des dépôts. Pour préserver leur rentabilité, les banques peuvent alors relever leurs marges sur les crédits.
Depuis 2000, l’étude recense quatre périodes durant lesquelles le taux eswatinien est resté sous le taux sud-africain. L’écart réapparu en mai 2026 avait été refermé lorsque Mbabane a relevé son taux à 7,00 % en septembre, avant la nouvelle hausse sud-africaine du 19 octobre.
La tension touche un marché où l’accès au financement des petites entreprises reste fragile. Le mécanisme public de garantie a soutenu 116 nouveaux dossiers au cours de l’exercice clos fin mars 2026, contre 146 un an plus tôt. Les prêts correspondants ont atteint 38,8 millions d’emalangeni, en baisse de 3,5 % sur un an selon la banque centrale.







