L’introduction en Bourse de la raffinerie Dangote, susceptible de lever environ 2 150 milliards de nairas, soit 1,6 milliard de dollars selon le taux retenu lors du lancement, met en évidence les obstacles réglementaires aux investissements transfrontaliers en Afrique à quelques jours de sa clôture prévue le 13 octobre.
L’offre porte sur 4,1 milliards d’actions ordinaires proposées à 525 nairas chacune, avec un minimum de dix actions. Elle a ouvert le 14 septembre après l’autorisation de la Securities and Exchange Commission du Nigeria. La vente est enregistrée comme une offre publique au Nigeria, mais cette autorisation ne s’étend pas automatiquement aux autres juridictions du continent.
Les investisseurs établis hors du Nigeria doivent donc respecter les règles de leur pays ou utiliser des canaux autorisés. Le prospectus recensait 53 intermédiaires accessibles au Nigeria contre seulement deux voies mises en avant pour d’autres investisseurs africains, Ecobank et SBG Securities, selon Reuters. Cette différence limite la portée pratique de l’ambition panafricaine affichée par l’émetteur.
Le Kenya a approuvé le 5 octobre un prospectus simplifié permettant à des investisseurs éligibles de participer par l’intermédiaire d’un certificat représentatif international. La création de ces titres reste cependant conditionnée à la réussite de l’offre, à l’allocation des actions et aux autorisations nécessaires à une cotation à Nairobi. L’Ouganda a aussi autorisé l’accès de ses investisseurs à l’opération.
Ces ouvertures nationales ne constituent pas encore un passeport boursier continental. Les règles de commercialisation, l’identification des clients, la conservation des titres, le règlement des transactions et la conversion des monnaies continuent de varier d’un marché à l’autre. L’intégration commerciale portée par la Zone de libre-échange continentale ne supprime pas ces exigences propres aux marchés de capitaux.
La raffinerie ambitionne d’attirer dix millions d’investisseurs particuliers, a déclaré son directeur général David Bird le 6 octobre. Cet objectif dépasse les 4,5 millions de souscripteurs particuliers cités comme référence pour l’introduction en Bourse de Saudi Aramco. Il s’agit d’une cible de participation et non d’un nombre de souscriptions déjà enregistré.
Si toutes les actions sont souscrites, l’opération pourrait devenir la plus importante levée de capitaux jamais réalisée sur le marché nigérian. Le produit final, la répartition géographique des investisseurs et le nombre d’actions effectivement allouées ne seront connus qu’après la clôture et la publication des résultats de l’offre.