Le gouvernement togolais a adopté le 22 octobre un projet de loi de finances rectificative ramenant le budget 2026 à 2 744,2 milliards de FCFA, contre 2 751,5 milliards dans la loi initiale. Cette révision représente une diminution de 7,3 milliards de FCFA de l’enveloppe annuelle.

La baisse globale reste limitée, mais elle accompagne une réorientation des moyens de l’État. Dans son communiqué, le Conseil des ministres invoque les tensions géopolitiques, le renchérissement des hydrocarbures et le ralentissement attendu de la croissance mondiale pour justifier ces ajustements.

L’énergie et la sécurité au cœur des réallocations

L’exécutif entend amortir les effets de la hausse des prix de l’énergie sur les conditions de vie des populations. Il prévoit, parallèlement, de réaffecter une partie des ressources internes au renforcement de la lutte contre le terrorisme, ce qui place la protection des ménages et la sécurité au cœur des arbitrages annoncés.

Pour poursuivre les projets de développement et les réformes de la Feuille de route gouvernementale 2026-2031, le gouvernement compte aussi mobiliser davantage de financements extérieurs. Il s’agit à ce stade d’un objectif de financement accompagnant le projet rectificatif.

Ce que recouvre le budget de 2026

Ces arbitrages interviennent dans un cadre fixé à la fin de 2025. Le budget initial avait été définitivement adopté le 29 décembre, au terme de l’examen du texte par l’Assemblée nationale et le Sénat. Lors de ce vote, le ministre des Finances, Essowè Georges Barcola, présentait pour 2026 une prévision de croissance de 6,5 % et une inflation attendue autour de 1 %.

La loi initiale comportait également des mesures destinées aux ménages et aux entreprises, notamment une exonération de TVA sur certains produits locaux de l’élevage et de la pêche. Elle prévoyait aussi de faciliter l’enregistrement des marchés publics pour les jeunes et les femmes entrepreneurs, ainsi qu’un crédit d’impôt destiné à favoriser l’emploi des personnes en situation de handicap.

Pour lire les montants annoncés, il faut distinguer l’enveloppe totale du budget des seules dépenses des services publics. La loi de finances initiale inclut les recettes et dépenses budgétaires, mais aussi les ressources et charges de trésorerie ainsi que les comptes spéciaux du Trésor. Son équilibre global en ressources et en charges ne signifie donc pas que les recettes budgétaires couvrent à elles seules les dépenses budgétaires.

Dans le projet rectificatif, le déficit budgétaire prévisionnel s’établit ainsi à 247,6 milliards de FCFA, soit 3,4 % du produit intérieur brut. Ce solde concerne l’exercice 2026 en cours, tandis que le projet de budget 2027, examiné lors du même Conseil des ministres, ouvre un autre exercice.