Le gouvernement sénégalais a annoncé dimanche 25 octobre une réduction de 180 milliards de francs CFA des dépenses de fonctionnement de l’administration centrale, dans le cadre des ajustements du budget 2026 qu’il cherche à faire adopter au Parlement. Le projet de loi de finances rectificative a été rejeté vendredi en commission, avant son examen attendu en séance plénière.
Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, a présenté cette économie lors d’une conférence de presse à Dakar. Selon les chiffres qu’il a communiqués, les recettes publiques attendues diminuent de 340 milliards de FCFA, tandis que les charges supplémentaires atteignent 540 milliards. Les subventions à l’énergie et les besoins de défense et de sécurité figurent parmi les principales pressions citées par l’exécutif.
Les économies de fonctionnement portent notamment sur les fournitures, les consommables et l’organisation de conférences, de séminaires ou de cérémonies. Le chef du gouvernement a évoqué des réductions de crédits pouvant atteindre 80 % dans certains services, tout en assurant que les salaires, les dépenses sociales et les missions essentielles seraient préservés.
La révision budgétaire touche également l’investissement public. Le texte prévoit une diminution de 555 milliards de FCFA des crédits de paiement destinés aux projets en 2026. Il s’agit des sommes susceptibles d’être décaissées pendant l’exercice, et non des autorisations d’engagement, que le gouvernement affirme maintenir. Des opérations jugées insuffisamment avancées, notamment dans la santé, l’eau et les infrastructures, seraient donc reportées plutôt que supprimées.
Pour les entreprises créancières de l’État, le projet prévoit par ailleurs 300 milliards de FCFA afin de commencer à apurer des arriérés évalués à 1 956 milliards de FCFA par le ministre des Finances, Cheikh Diba. L’objectif affiché est notamment de desserrer les contraintes de trésorerie des fournisseurs et des entreprises du bâtiment, confrontés à des retards de paiement. Cette enveloppe reste une disposition du projet, et non un décaissement déjà effectué.
Le rejet du texte par la commission des finances, vendredi 23 octobre, a ouvert un différend entre l’exécutif et des groupes parlementaires. Le Premier ministre a appelé les députés à proposer des amendements précis. L’examen en séance plénière est annoncé pour mardi 27 octobre, étape décisive pour les arbitrages budgétaires présentés dimanche.




