Le Rwanda et les services du Fonds monétaire international ont conclu un accord technique sur la première revue de leur programme de facilité élargie de crédit, ouvrant la voie à environ 35,7 millions de dollars sous réserve d’une décision du conseil d’administration attendue en décembre.
L’accord au niveau des services ne constitue pas encore une approbation finale ni un décaissement. La tranche correspond à 26,433 millions de droits de tirage spéciaux et s’inscrit dans un programme de 38 mois approuvé en juin pour un montant total de 185,031 millions de droits de tirage spéciaux, soit environ 250 millions de dollars lors de son adoption.
Les autorités rwandaises indiquent avoir respecté tous les objectifs quantitatifs fixés pour fin juin. Le déficit budgétaire a été ramené à 4,8 % du produit intérieur brut au cours de l’exercice 2025-2026 et les réserves de change couvrent environ quatre mois d’importations.
L’économie a progressé de 9,7 % au premier semestre 2026, portée notamment par les transferts de la diaspora et une réduction du déficit courant. Le gouvernement prévoit une croissance de 7,8 % sur l’ensemble de 2026 puis de 7,2 % en 2027.
Cette expansion s’accompagne toutefois d’une forte hausse des prix. L’inflation annuelle a atteint 15,7 % en août, bien au-dessus de l’objectif à moyen terme de 5 % de la Banque nationale du Rwanda. Les autorités attribuent cette accélération aux tensions antérieures sur les prix, à la hausse du pétrole et des engrais ainsi qu’aux perturbations liées au conflit au Moyen-Orient.
La banque centrale a resserré sa politique monétaire pour contenir les anticipations d’inflation. Ce choix renchérit le crédit pour les ménages et les entreprises, mais les autorités estiment qu’un maintien durable de l’inflation à deux chiffres pèserait davantage sur le pouvoir d’achat et l’investissement.
Le FMI demande de poursuivre l’assainissement budgétaire, de renforcer les recettes intérieures et de mieux hiérarchiser les projets financés à l’étranger tout en protégeant les dépenses sociales. Le Rwanda reste classé à risque modéré de surendettement et cherche à reconstituer des marges de sécurité face à la baisse des appuis budgétaires.
Le conseil d’administration pourra modifier ou retarder le décaissement si les conditions ne sont pas remplies. Les prévisions restent exposées aux prix des matières premières, aux tensions commerciales, aux risques géopolitiques et à d’éventuels chocs climatiques liés au phénomène El Niño.