La Tanzanie compte finaliser dans les prochains mois les accords encadrant un projet de gaz naturel liquéfié estimé à 42 milliards de dollars, a déclaré mardi 13 octobre le ministre des Finances Khamis Mussa Omar à Reuters. Ce développement, l’un des plus importants projets énergétiques envisagés en Afrique de l’Est, doit permettre de commercialiser les découvertes gazières réalisées au large du pays.

Le projet est conduit par Equinor et Shell avec ExxonMobil, Pavilion Energy, Medco Energi et la société publique Tanzania Petroleum Development Corporation. Il porte sur des ressources que les autorités régionales évaluent à 47 130 milliards de pieds cubes de gaz initialement en place dans les zones offshore tanzaniennes. Equinor et Shell n’ont pas répondu aux demandes de commentaire de Reuters.

Le calendrier reste toutefois incertain. Les autorités espéraient auparavant signer l’accord avant juin, mais le ministre a seulement indiqué que le dossier était presque finalisé. La Communauté d’Afrique de l’Est précise que les négociations sur l’accord avec le gouvernement d’accueil et les arrangements commerciaux se poursuivent. La signature de ces textes devra encore être suivie d’une décision finale d’investissement par les partenaires avant le lancement effectif du projet.

L’installation terrestre est prévue dans la région de Lindi. Elle doit recevoir le gaz des blocs offshore 1, 2 et 4, le liquéfier puis l’orienter principalement vers l’exportation. Une partie de la production serait réservée au marché intérieur, selon le ministre, ce qui pourrait accroître l’offre disponible pour la production d’électricité et les activités industrielles.

Les données publiées par les opérateurs donnent une mesure du gisement visé. Equinor indique que le bloc 2 contient plus de 20 000 milliards de pieds cubes de gaz et précise détenir 65 % de ce permis, aux côtés d’ExxonMobil avec 35 %. Shell estime pour sa part que les blocs 1 et 4 renferment environ 16 000 milliards de pieds cubes. Ces volumes sont des estimations de ressources et ne préjugent ni des quantités commercialement récupérables ni du rythme futur de production.

À son niveau annoncé, le projet représenterait un apport d’investissement majeur pour la Tanzanie. La présentation officielle de la Communauté d’Afrique de l’Est met en avant les recettes publiques, l’emploi et la mobilisation de capitaux étrangers attendus, mais ces retombées dépendront de la conclusion des accords, du financement, des études techniques et de la décision d’investissement.

Le gouvernement veut parallèlement porter la capacité de production électrique du pays à environ 8 000 mégawatts d’ici à 2030, soit presque le double du niveau actuel, selon Khamis Mussa Omar. Il vise également une part de 75 % pour les sources qu’il classe comme propres, une catégorie qui inclut l’hydroélectricité, le solaire, l’éolien et le gaz naturel.