La Banque du Ghana propose d’obliger les établissements financiers à fonder leurs décisions de crédit sur les revenus et les flux de trésorerie des emprunteurs plutôt que sur la seule valeur des garanties, selon un projet de directive publié le 9 octobre 2026 et détaillé le 12 octobre.

Le texte couvre les banques, les sociétés d’épargne et de crédit, les maisons de financement et les holdings financiers soumis à la supervision de la banque centrale. Il impose de vérifier les revenus, les charges, l’historique de remboursement et la capacité à honorer la dette dans des scénarios défavorables, notamment en cas de hausse des taux ou de baisse des revenus.

Pour les entreprises, l’examen devrait aussi porter sur les performances financières passées, les flux de trésorerie prévisionnels, la qualité de la gestion, la situation du secteur et l’apport en fonds propres. Les prêteurs pourraient utiliser des données alternatives et des outils analytiques à condition que leur fonctionnement soit fiable, explicable et proportionné au risque.

Les garanties immobilières ou mobilières resteraient admises, mais elles ne pourraient plus remplacer l’analyse de la capacité de remboursement. Leur valeur devrait être réévaluée régulièrement et de manière indépendante par rapport aux équipes chargées d’accorder le prêt.

Le projet précise également qu’un crédit répondant aux critères de défaut devra être classé parmi les prêts non performants même si la garantie couvre le montant impayé. Cette règle limiterait la possibilité de retarder la reconnaissance d’un risque de défaut au seul motif qu’un actif peut être saisi.

Pour les ménages et les petites entreprises, le changement pourrait se traduire par des demandes plus systématiques de justificatifs de revenus, d’historique bancaire et de projections de trésorerie. Il pourrait aussi réduire le poids d’un bien à offrir en garantie dans la décision, sans assurer pour autant l’accès au crédit aux emprunteurs dont les revenus sont irréguliers ou difficiles à documenter.

La consultation reste ouverte jusqu’au 30 novembre 2026. Les établissements visés auraient jusqu’au 30 juin 2027 pour adapter leur gouvernance, leurs politiques et leurs procédures, avant une entrée en vigueur prévue le 1er juillet 2027. Ces dates appartiennent encore à un projet soumis à consultation et ne correspondent pas à des obligations déjà applicables.