La Banque centrale du Kenya a maintenu son taux directeur à 8,75 % lors de la réunion de son comité de politique monétaire du 7 octobre, estimant que ce niveau reste adapté pour contenir les anticipations d’inflation et préserver la stabilité du shilling. L’institution prolonge ainsi la pause engagée après l’abaissement du taux à 8,75 % en février.

L’inflation annuelle s’est établie à 6,8 % en septembre, contre 6,6 % en août, tout en restant dans la fourchette visée par la banque centrale. L’inflation sous-jacente est passée de 3,4 % à 4 %, portée notamment par le lait, les produits à base de blé et les huiles alimentaires.

La composante la plus volatile a reculé de 14,7 % à 14 %, grâce au ralentissement des prix des légumes et de l’énergie. Les subventions et la réduction temporaire de la TVA sur le carburant ont également limité la transmission du choc pétrolier aux consommateurs, selon le comité.

La banque centrale a relevé sa prévision de croissance pour 2026 à 5 %, contre 4,9 % auparavant et 4,6 % en 2025. Elle prévoit toujours 5,3 % en 2027. L’industrie et les services soutiennent cette révision, tandis que le prix de l’énergie, l’incertitude commerciale et un possible épisode El Niño constituent les principaux risques.

Le maintien du taux évite un resserrement immédiat du crédit alors que les prêts au secteur privé accélèrent. Leur croissance annuelle a atteint 10,6 % en septembre, après 10,3 % en août et une contraction de 2,9 % en janvier 2025. Les progressions les plus fortes concernent le commerce, le bâtiment, l’agriculture, la finance et les biens durables.

Les taux moyens des prêts bancaires sont néanmoins restés élevés à 14,4 % en septembre, contre 14,3 % en août. Ils demeurent inférieurs au niveau de 17,2 % observé en novembre 2024. Pour les ménages et les entreprises, le signal monétaire est donc stable, mais le coût effectif du crédit dépend encore du risque de l’emprunteur et de la concurrence entre banques.

Le déficit courant s’est creusé à 3,1 % du produit intérieur brut sur les douze mois achevés en août, contre 2,1 % un an plus tôt. Les importations de biens ont augmenté de 15,8 %, davantage que les exportations, en hausse de 11,8 %. Les transferts de la diaspora ont diminué de 1,3 %.

Les réserves de change atteignaient 14,702 milliards de dollars, soit l’équivalent de 5,9 mois d’importations. Le comité estime ce coussin suffisant face aux chocs de court terme, mais il continuera de surveiller le pétrole et les effets indirects de la hausse des prix avant sa prochaine réunion prévue en décembre.