La Guinée a créé une Société nationale du tabac, la SNT, chargée de mettre en œuvre le monopole de l’État sur la filière, par un décret rendu public lundi 19 octobre à la télévision nationale. Basée à Conakry, cette entreprise publique dispose d’un capital initial de 100 milliards de francs guinéens, entièrement souscrit par l’État.

Les opérateurs légalement installés à l’entrée en vigueur du texte disposent de six mois pour se conformer au dispositif, notamment en s’enregistrant auprès du ministère chargé du Commerce. La société pourra confier des activités de culture, de collecte, de transformation ou de commerce à des entreprises privées agréées, par convention, licence ou sous-traitance.

Son champ d’intervention couvre le tabac brut et les produits finis, des cultures aux importations et exportations. La SNT doit également organiser les achats auprès des producteurs et renforcer la traçabilité ainsi que la lutte contre la contrebande, en lien avec les services douaniers.

La souscription du capital est assortie d’un calendrier de versement. Le décret prévoit la libération d’au moins un quart de la valeur des actions à la souscription, puis du solde sur appel du conseil d’administration dans les trois ans suivant l’immatriculation de la société.

La SNT sera administrée par un conseil de neuf membres et dirigée par une direction générale. Elle relève de la tutelle technique du ministère chargé du Commerce et de la tutelle financière du ministère chargé des Finances.

Cette création intervient après l’arrêt de l’ancienne Entreprise nationale des tabacs et allumettes. Selon Guinéenews, celle-ci avait cessé ses activités au début des années 2000 et son ancien site avait fait l’objet d’un projet de reconversion agro-industrielle en mars 2025.