Le mécanisme gabonais de stabilisation des prix des carburants a coûté 30 milliards de FCFA au seul mois de septembre 2026, a indiqué le gouvernement dans le communiqué du Conseil des ministres du 8 octobre publié le lendemain.
Face à cette charge, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a demandé au gouvernement d’étudier les moyens de l’alléger, voire de la supprimer à terme. Cette instruction ouvre une réflexion et ne vaut ni suppression du dispositif ni annonce d’une hausse immédiate des prix à la pompe.
Le coût mensuel du mécanisme se situait entre 7 et 9 milliards de FCFA avant la guerre en Ukraine, selon les chiffres communiqués par la présidence. Il avait ensuite atteint 15 milliards pendant cette crise, avant de doubler en septembre sous l’effet des tensions au Moyen-Orient et de la hausse du coût d’approvisionnement.
Le dispositif permet à l’État de contenir les prix payés par les consommateurs lorsque le coût d’importation et de distribution augmente. Le gouvernement affirme qu’il maintient ainsi au Gabon les prix des produits pétroliers blancs et du gaz butane parmi les plus bas de la sous-région, tout en reconnaissant que la dépense réduit les ressources disponibles pour la santé, l’éducation et la lutte contre la pauvreté.
L’annonce intervient après une pénurie qui a touché Libreville et d’autres zones du pays. Des navires étaient à quai et les livraisons aux stations-service avaient repris au moment du Conseil des ministres, mais les autorités prévoyaient un retour progressif à la normale plutôt qu’un rétablissement immédiat sur l’ensemble du territoire.
Le chef de l’État a demandé un programme consacré à la modernisation de la Société gabonaise de raffinage, au renforcement des stocks de sécurité et aux études préalables à une nouvelle raffinerie. Ce programme devra préciser le calendrier et le financement des investissements.
Les services de contrôle ont également reçu l’instruction de lutter contre la revente illicite de carburant et contre son transport dans des récipients non homologués. Aucune échéance n’a été donnée pour une éventuelle réforme du soutien aux prix.