Le Fonds monétaire international a averti mardi 13 octobre à Bangkok qu’une correction liée à l’intelligence artificielle, une forte hausse des rendements obligataires ou une cyberattaque majeure pouvaient déclencher des tensions systémiques malgré la résistance actuelle des marchés.

Son Rapport sur la stabilité financière mondiale constate que la vigueur des bénéfices, de la croissance et des investissements technologiques a soutenu l’appétit pour le risque. Le FMI juge toutefois que cet optimisme pourrait se retourner si les dépenses consacrées à l’intelligence artificielle ne produisent pas les gains attendus.

Les grands groupes technologiques qui construisent les principales infrastructures d’intelligence artificielle représentent désormais 10 % des émissions mondiales d’obligations d’entreprises de qualité, contre moins de 1 % en 2024. Un ralentissement des investissements pourrait donc provoquer des ventes forcées et diffuser la volatilité au reste du marché du crédit.

Le second risque vient des finances publiques. La dette élevée, les déficits persistants et les émissions massives de titres interviennent alors que les banques centrales réduisent leurs bilans. Pour les économies africaines et les autres marchés émergents, une hausse mondiale des rendements peut renchérir le refinancement public et réduire les ressources disponibles pour les entreprises.

Le FMI souligne aussi le manque de moyens consacrés à la cybersécurité dans plusieurs pays émergents et leur dépendance envers un petit nombre de prestataires technologiques. Plus de 70 % des vulnérabilités exploitées en 2026 l’ont été avant que les fournisseurs aient pu appliquer un correctif, soit environ 20 points de plus qu’un an auparavant.

Les tests de résistance de l’institution montrent que le système bancaire resterait globalement solide dans un scénario combinant choc technologique, tensions obligataires et hausse de l’énergie. Les banques présentant des fonds propres faibles représenteraient néanmoins 22 % des actifs bancaires mondiaux, contre 18 % dans le test de 2025, tandis que les fonds de pension, assureurs, fonds spéculatifs et acteurs du crédit privé pourraient amplifier les pertes.

Le FMI demande aux autorités de limiter l’endettement excessif, de renforcer la surveillance des prestataires technologiques et de préparer les établissements financiers à absorber des chocs. Il appelle également les gouvernements à remettre la dette sur une trajectoire soutenable afin de conserver des marges d’intervention.