Le Cameroun veut lever 300 millions de dollars supplémentaires sur son obligation internationale arrivant à échéance en janvier 2033, a annoncé le ministère des Finances dans un communiqué publié le 5 octobre. L’opération prend la forme d’une réouverture de la souche existante et non d’un nouvel emprunt distinct.
Le titre en circulation porte un coupon de 8,875 % et un montant nominal initial de 850 millions de dollars, selon le ministère. Si la totalité de la tranche complémentaire est placée, l’encours nominal de cette ligne atteindra 1,15 milliard de dollars.
Les fonds recherchés doivent couvrir des priorités du budget 2026 et poursuivre l’apurement des arriérés de paiement de l’État. Standard Chartered Bank arrange l’opération, tandis que Blend Finance et Horus Investment Group interviennent comme conseils financiers.
L’annonce constitue une intention de financement et non la confirmation d’un placement réalisé. Le ministère n’a communiqué ni la date de règlement, ni le prix d’émission, ni le rendement finalement demandé par les investisseurs.
Le coupon ne suffit pas à mesurer le coût de la nouvelle tranche. Sika Finance estimait le 6 octobre que l’obligation s’échangeait entre 95,5 et 96 cents pour un dollar de nominal, ce qui correspondait alors à un rendement proche de 10,1 %. Le coût effectif dépendra du prix auquel les titres seront effectivement vendus.
La réouverture permet au Cameroun d’ajouter des titres à une ligne déjà connue du marché, ce qui peut en améliorer la liquidité. Elle augmente toutefois l’exposition du budget à un financement en dollars et à un coût de marché élevé, alors que les recettes mobilisées serviront aussi à régler des dépenses déjà engagées.
Le Fonds monétaire international a estimé le 1er octobre que le Cameroun restait exposé à un risque global élevé de surendettement. L’institution prévoit un léger affaiblissement supplémentaire de la position budgétaire en 2026, notamment sous l’effet des subventions aux carburants liées au choc pétrolier international.
Le FMI recommande une mobilisation accrue des recettes intérieures et un recours plus important aux financements concessionnels. La levée annoncée par Yaoundé devra donc être appréciée à partir de ses conditions finales, encore inconnues, plutôt qu’à partir du seul coupon inscrit sur la souche 2033.