L’encours des titres publics émis par adjudication dans l’Union monétaire ouest-africaine pourrait approcher 24 800 milliards de FCFA à la fin de 2026, selon Oulimata Ndiaye, directrice d’UMOA-Titres. Cette estimation, présentée dans un entretien publié le 12 octobre par Financial Afrik, dépend des programmes d’émissions des États et de leur exécution.

Le stock atteignait 21 629,34 milliards de FCFA au 31 décembre 2025, d’après la synthèse officielle d’UMOA-Titres. La projection correspond ainsi à une augmentation d’environ 3 171 milliards sur un an, soit 14,7 %. Elle concerne des emprunts encore en circulation à une date donnée, et non le montant que les Trésors devraient lever au cours de la seule année 2026.

Ce périmètre ne recouvre pas l’ensemble de la dette publique des huit pays. Il porte sur le marché régional des adjudications, où les États empruntent par un système d’enchères. Les bons du Trésor répondent aux besoins de court terme, tandis que les obligations permettent des financements à moyen et long terme. Le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo interviennent sur ce marché.

Le poids des remboursements derrière les montants levés

Les flux de 2025 montrent pourquoi le volume des émissions ne suffit pas à mesurer l’argent supplémentaire disponible pour les budgets. Les États avaient mobilisé 11 858,80 milliards de FCFA sur l’année, mais aussi remboursé 9 275,42 milliards. Une partie importante des ressources levées sert donc à faire face aux échéances antérieures, au-delà du financement de nouvelles dépenses.

La structure des détenteurs éclaire également les enjeux de ce financement. Fin 2025, les intermédiaires détenaient 17 200,24 milliards de FCFA pour leur propre compte, contre 4 429,09 milliards inscrits sur les comptes de leurs clients. Ces derniers représentaient ainsi environ un cinquième de l’encours, selon les données de l’institution.

Dans l’entretien, Oulimata Ndiaye fait état d’une baisse des taux de financement de 1,5 à 2 points de pourcentage en 2026, selon les maturités. Pour 2027, elle met l’accent sur la diversification des investisseurs et sur des échanges plus actifs après l’émission des titres.

Ce marché secondaire permet à un détenteur de revendre un titre avant son remboursement. Il se distingue du marché primaire, sur lequel les États recueillent les fonds lors de l’émission. Pour les investisseurs, les conditions de cette revente déterminent la facilité avec laquelle ils peuvent récupérer leur argent avant l’échéance.