Les recettes cumulées des États nigérians ont augmenté d’environ 93 % en termes réels entre 2023 et 2025, selon l’édition d’octobre de la mise à jour économique de la Banque mondiale sur le Nigeria, présentée le 8 octobre à Abuja. Les dépenses ont progressé de 92 % sur la même période, donnant aux gouvernements régionaux une marge plus large pour financer routes, logements, agriculture et services publics.

La part des investissements dans leurs dépenses totales est passée de 46 % à 61 %. Les transports ont absorbé la plus forte hausse, devant le logement, l’agriculture et d’autres équipements économiques. En valeur réelle, les dépenses d’investissement ont augmenté de 151 % entre 2023 et 2025.

Cette réorientation ne s’est pas traduite au même rythme dans le capital humain. Les montants consacrés à l’éducation, à la santé et à la protection sociale ont augmenté, mais moins vite que les infrastructures. La part de l’éducation a reculé de 14,9 % des dépenses en 2021 à 12,1 % en 2025, tandis que celle de la santé est restée proche de 7 %. La protection sociale est montée de 1,4 % à 4,4 %.

La Banque mondiale attribue l’augmentation des ressources à la réforme du marché des changes, à la suppression de la subvention générale à l’essence, à une administration fiscale plus efficace et à la progression des recettes de TVA. Les revenus bruts de la fédération ont crû de 69 % en termes réels entre 2023 et 2025, les États recevant la plus grande part de l’amélioration des transferts.

L’institution estime que l’économie nigériane a progressé de 4,2 % au premier semestre 2026, après 3,9 % un an plus tôt. Les services et l’agriculture ont soutenu cette accélération. Elle prévoit une croissance moyenne de 4,4 % entre 2026 et 2028, sous réserve de la poursuite des réformes et d’une amélioration de la qualité des dépenses publiques.

Le rapport indique que la hausse de l’activité a stabilisé le taux de pauvreté pour la première fois depuis 2019. Cette stabilisation ne signifie pas que la pauvreté a été résorbée. Elle marque seulement l’arrêt de sa progression récente, alors que les prix élevés continuent de peser sur le pouvoir d’achat et que la création d’emplois reste insuffisante au regard de la croissance démographique.

Le président Bola Tinubu a salué les conclusions du rapport le 11 octobre et demandé aux gouverneurs d’utiliser les ressources supplémentaires avec davantage de prudence. La Banque mondiale insiste de son côté sur l’efficacité, la transparence et le suivi des résultats, car une hausse des budgets ne garantit pas à elle seule de meilleurs services.

Le solde extérieur s’est parallèlement amélioré grâce à la hausse des prix du pétrole. L’excédent courant a atteint 12 milliards de dollars au premier semestre, soit 7,1 % du produit intérieur brut, contre 8,6 milliards un an plus tôt. Les mêmes prix énergétiques ont toutefois ralenti la désinflation en augmentant les coûts du carburant et de certains produits alimentaires.