Fitch Ratings a relevé vendredi 9 octobre 2026 la perspective de la note souveraine du Nigeria de stable à positive, tout en maintenant cette note à B. L’agence fonde cette appréciation sur le renforcement des réserves de change et la poursuite des réformes monétaires, alors que le coût de la dette reste une contrainte pour les finances publiques.

La perspective positive ouvre la possibilité d’un relèvement ultérieur de la note si les améliorations se poursuivent. Pour l’heure, la notation demeure dans la catégorie spéculative. Dans son compte rendu de la décision, publié le 12 octobre, le quotidien nigérian Punch souligne notamment les risques budgétaires et les difficultés de mise en œuvre des réformes.

Les réserves brutes de change s’établissaient à 54,9 milliards de dollars au 25 septembre, contre 32 milliards à la mi-avril 2024, selon les chiffres de Fitch repris par BusinessDay. L’accumulation de devises est liée aux recettes d’exportation, aux transferts de fonds, aux investissements de portefeuille et à une part accrue des transactions passant par les circuits officiels.

Cette amélioration extérieure accompagne une désinflation encore incomplète. L’agence anticipe une inflation moyenne de 15,4 % en 2026, un niveau qui continue de peser sur les ménages et les entreprises. Elle prévoit parallèlement une croissance réelle de 4,3 % cette année, après 4 % en 2025, portée surtout par les activités non pétrolières.

Sur le plan budgétaire, la faiblesse des recettes limite toujours la capacité à absorber le service de la dette. Selon les projections de Fitch rapportées par Proshare, les seuls intérêts devraient représenter en moyenne 27 % des recettes des administrations publiques sur la période 2026-2028, contre une médiane de 14 % pour les pays comparables.