Le projet aurifère de Boundiali franchit une étape politique, mais reste à développer. Le Premier ministre ivoirien Robert Beugré Mambé a reçu le 8 octobre les responsables du groupe australien Aurum Resources. Selon le compte rendu gouvernemental publié le lendemain, l’entreprise annonce un début de construction à partir de la fin de 2026 et vise une première production au premier semestre 2028.

Un calendrier qui dépend encore du développement du projet

Lors de cette audience, le gouvernement a demandé d’accélérer le processus. Le ministre des Mines a également insisté sur la réalisation de projets structurants pour les régions concernées, afin que les retombées locales puissent se prolonger après la fermeture des mines.

Sur sa page technique consacrée à Boundiali, Aurum indique avoir engagé une étude de faisabilité définitive après l’étude de préfaisabilité achevée en juin 2026. La décision finale d’investissement est présentée comme un objectif pour la fin du quatrième trimestre 2026. L’entreprise précise que les demandes de licences d’exploitation sont en cours de traitement.

Ces étapes doivent être distinguées. Un objectif de mise en production donne un horizon au projet ; il ne vaut ni confirmation de financement bouclé ni attestation de travaux achevés. Le passage à l’exploitation suppose de réunir les autorisations, les capitaux, les installations et les conditions opérationnelles nécessaires.

Ressources et réserves : deux chiffres à lire séparément

Aurum présente une estimation de ressources de 3,22 millions d’onces d’or, actualisée en mai 2026. Sa préfaisabilité de juin fait état d’une première réserve probable de 1,21 million d’onces. Ces données correspondent à des dates et à des catégories techniques identifiées.

Une ressource décrit un potentiel géologique estimé. Une réserve intègre une évaluation de l’exploitation économique d’une partie de ce potentiel, sur la base d’études et d’hypothèses. Les deux chiffres ne doivent donc pas être additionnés, ni assimilés à une production annuelle disponible.

Pour les populations et les entreprises du nord ivoirien, les prochains jalons seront la décision d’investissement et l’avancement concret de la construction. Le calendrier annoncé crée des perspectives pour les fournisseurs et les infrastructures locales. Leur matérialisation devra être appréciée à partir des contrats, des travaux et des emplois effectivement engagés, au-delà des annonces de ressources.

Photo : Pépite d’or, le 9 juin 2013. Photo d’illustration, sans lien géographique avec Boundiali : Cephas / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0. Source de l’image · Licence. Redimensionnements automatiques pour l’affichage.