Les économies de l’UEMOA font face à des signaux contrastés sur les marchés internationaux. Dans son bulletin statistique d’août 2026, publié le 7 octobre, la BCEAO relève une baisse annuelle de 21,1 % du cours du cacao, alors que l’or progresse de 31 %. L’indice des prix des aliments importés augmente, lui, de 13,3 %.
Des débouchés qui évoluent en sens opposés
La divergence concerne plusieurs produits exportés par l’Union. Le coton gagne 28,7 % sur un an et le caoutchouc 26,3 %. À l’inverse, le café recule de 9,7 % et la noix de cajou de 4,9 %. Ces chiffres décrivent août par rapport au même mois de 2025 ; ils ne mesurent pas une variation depuis la publication du bulletin.
Pour une filière exportatrice, une hausse du cours peut améliorer la valeur des ventes à volume inchangé. Mais les recettes effectives dépendent également de la production, des contrats, du calendrier de commercialisation et des coûts. À l’inverse, un repli du cours mondial n’implique pas une diminution identique et immédiate du prix payé au producteur.
Une pression à l’importation à distinguer de l’inflation locale
Du côté des achats alimentaires, le blé renchérit de 29,5 % sur un an, l’huile de 21,3 % et le riz de 15,7 %. Le pétrole brut, mesuré par la moyenne des références WTI et Brent en dollars, augmente de 29 %. L’énergie et l’alimentation constituent ainsi deux postes à surveiller pour les importateurs.
Ces évolutions ne se transmettent pas mécaniquement aux prix en magasin. Le fret, les stocks, les marges, la fiscalité et les dispositifs nationaux de fixation des prix peuvent modifier ou retarder leur effet. Le bulletin situe d’ailleurs l’inflation de l’UEMOA à 1,3 % en août, après 1,2 % en juillet, un indicateur distinct de celui des cours internationaux.
La lecture économique doit donc rester séparée : les marchés mondiaux renseignent sur les conditions d’achat et de vente à l’extérieur, tandis que l’indice des prix à la consommation mesure l’évolution du panier des ménages. Pour les entreprises, l’enjeu est d’examiner leur propre exposition aux importations et aux exportations, plutôt que d’appliquer un taux régional unique à tous leurs coûts.
Photo : Fèves de cacao, le 28 juin 2015. Photo d’illustration : Mikkel Houmøller / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Source de l’image · Licence. Redimensionnements automatiques pour l’affichage.
