Le projet de loi de finances tunisien pour 2027 prévoit d’autoriser la Banque centrale de Tunisie à accorder au Trésor jusqu’à 9,8 milliards de dinars sans intérêts. Cette proposition, diffusée jeudi 15 octobre, vise à couvrir une partie des besoins de financement de l’État pour l’année prochaine.

L’article 12 du texte prévoit un remboursement sur quinze ans, dont trois ans de grâce, par exception aux dispositions de l’article 25 du statut de la banque centrale adopté en 2016. Une convention entre le ministre chargé des Finances et le gouverneur de l’institution fixerait les modalités de tirage et de remboursement. L’autorisation reste soumise à l’adoption du projet de loi.

Le recours envisagé à la banque centrale s’inscrit dans un programme de financement du Trésor de 28,122 milliards de dinars. Près de la moitié de cette somme, soit 13,307 milliards, servirait à rembourser le capital de la dette arrivant à échéance, dont 6,823 milliards sur la dette intérieure et 6,484 milliards sur la dette extérieure.

Le même tableau prévoit 14,615 milliards de dinars pour financer le déficit budgétaire et 200 millions pour les prêts et avances nets du Trésor. Les ressources à mobiliser dépassent ainsi le seul déficit, car elles couvrent aussi le renouvellement d’emprunts antérieurs.

Pour réunir ces fonds, le projet retient 19,845 milliards de dinars d’emprunts intérieurs, 6,877 milliards d’emprunts extérieurs et 1,4 milliard d’autres ressources de trésorerie.

Les dépenses, exprimées en crédits de paiement, sont fixées à 68,895 milliards de dinars, pour 54,280 milliards de recettes. Les impôts en fourniraient 49,6 milliards, soit un peu plus de 91 % des recettes prévues, contre 4,330 milliards de recettes non fiscales et 350 millions de dons.