La République démocratique du Congo réserve les interventions de terrain contre Ebola aux organisations munies d’une accréditation, a annoncé jeudi 15 octobre le ministre de la Santé, Roger Kamba, à l’Agence congolaise de presse (ACP).
Selon le ministre, 25 structures sur les 97 engagées dans la riposte ont répondu à l’appel du gouvernement et peuvent prétendre à cette autorisation. Pour l’obtenir, les organisations doivent justifier l’utilisation de leurs financements et permettre d’en suivre la destination, a-t-il expliqué.
Cette décision intervient alors qu’Africa CDC demande des comptes sur plus de 700 millions de dollars dont les autorités congolaises ne disposent pas d’informations financières suffisantes. Dans un communiqué daté du 15 octobre, l’agence de santé publique de l’Union africaine précise que près de 962 millions de dollars ont été décaissés directement aux organisations internationales et aux ONG chargées de la riposte, et non au gouvernement congolais.
Le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, a indiqué jeudi à Reuters qu’il était prématuré de parler de détournement. Il a décrit un défaut de transparence empêchant les autorités d’avoir une vue complète des ressources mobilisées et dépensées.
L’agence annonce qu’elle travaillera avec le gouvernement pour rapprocher les informations des bailleurs et des organismes bénéficiaires. Elle soutiendra les mesures administratives ou réglementaires prises contre les organisations qui continueraient à refuser de rendre compte, pouvant aller jusqu’au retrait de leur autorisation d’opérer.
Ce rapprochement doit identifier, pour chaque organisation, les sommes reçues, les dépenses effectuées, les ressources encore disponibles et les activités financées.