La balance des paiements de l’Égypte a dégagé un excédent global de 2,8 milliards de dollars au cours de l’exercice 2025-2026 clos en juin, contre un déficit de 2,1 milliards un an plus tôt, a annoncé lundi 12 octobre la Banque centrale d’Égypte.

Ce redressement repose sur les entrées enregistrées au compte de capital et au compte financier. Leur solde net a atteint 23,2 milliards de dollars, plus du double des 10,2 milliards comptabilisés lors de l’exercice précédent. Ces ressources ont compensé les sorties liées aux échanges de biens, aux revenus d’investissement et aux autres opérations courantes.

Les investissements directs étrangers ont représenté un apport net de 18 milliards de dollars, après 12,2 milliards un an auparavant. Les investissements de portefeuille ont généré 4,2 milliards de dollars d’entrées nettes, contre 1,6 milliard. Dans les activités non pétrolières, les investissements directs nets ont atteint 17,8 milliards de dollars, notamment grâce aux créations d’entreprises, aux augmentations de capital et aux bénéfices réinvestis.

La situation reste cependant plus tendue du côté du compte courant. Son déficit s’est creusé à 22,5 milliards de dollars, contre 15,4 milliards au cours de l’exercice 2024-2025. Le déficit commercial de marchandises a augmenté de 27,1 % pour atteindre 64,8 milliards de dollars, tandis que le déficit des revenus d’investissement a progressé de 33,8 % à 21,2 milliards.

Le déficit commercial hors pétrole s’est élevé à 46,6 milliards de dollars, en hausse de 25,4 %. Les importations non pétrolières ont augmenté de 16,9 % à 83,9 milliards de dollars, alors que les exportations correspondantes ont progressé de 7,8 % à 37,3 milliards. Le solde pétrolier est également resté déficitaire à hauteur de 18,3 milliards de dollars, sous l’effet d’achats plus importants de gaz naturel et de pétrole brut.

Plusieurs recettes en devises ont limité la dégradation du compte courant. Les transferts des Égyptiens travaillant à l’étranger ont bondi de 29,6 % à 47,3 milliards de dollars. Les revenus du tourisme ont progressé de 10,3 % à 18,4 milliards, tandis que les recettes du canal de Suez ont augmenté de 21,6 % à 4,4 milliards de dollars avec la reprise partielle du trafic.

Le retour à un excédent global signifie que les entrées financières ont été suffisantes pour couvrir le déficit des opérations courantes sur l’ensemble de l’exercice. Il ne traduit donc pas un retour à l’équilibre commercial, le besoin de financement extérieur courant ayant au contraire augmenté.